Un échec sur le commerce à gauche et à droite

J’ai lu avec intérêt la tribune libre du groupe des Radicaux sur le commerce rédigée par Daniel Jacob. Cependant, je ne suis pas d’accord avec son constat. Le problème du commerce de proximité à Aulnay-sous-Bois est plus ancien que l’élection de Gérard Ségura comme maire de la ville.

En effet, les choix de Gérard Gaudron et de son prédécesseur Jean-Claude Abrioux ne sont pas exempts de tout reproche. Je ne fais pas du Gérard Ségura, qui met sur le dos de l’ancienne municipalité tout ce qui ne fonctionne pas, y compris ses propres erreurs.

Ainsi, quelque soit leur bord politique, nos élus n’ont pas de stratégie de développement économique pour notre ville qui prend en compte le commerce.

Gérard Gaudron a favorisé l’agrandissement du centre commercial O’Parinor et de son coté Gérard Ségura laisse son ami Jean-Pierre Blazy, maire socialiste de Gonesse, avec lequel il voulait créer une intercommunalité, porter le projet Europa City. En abandonnant le petit commerce au détriment de la grande distribution, il ne faut pas s’étonner que ça aille mal pour ceux qui participent à la vie de la cité et à la consolidation du lien social.

D’abord, pour qu’il y ait un commerce dynamique, il faut des clients. Et pour avoir des clients, il faut certes de l’offre attractive, mais aussi un bassin suffisamment peuplé. Et pour cela, il faut densifier la ville. Pas tel que tente de le faire le maire actuel, mais en réfléchissant aux différentes problématiques de la ville.

Ainsi, je considère que nous devons densifier quelques axes structurants et suffisamment desservis en transports en commun. Cela doit s’accompagner de l’installation de commerces ou de services de proximité en rez-de-chaussée. Parmi ces axes, il y a par exemple l’artère entre la place de l’Eglise et la place du général Leclerc ou celle entre la poste Jeanne d’Arc et le carrefour de la Négresse. Pour le coeur de ville que constitue le Centre gare, je l’ai plusieurs fois évoqué, mais il faut revoir au plus vite le réaménagement du pôle gare.

Aussi, on aurait pu profiter du Programme de rénovation urbaine, pour que les commerces soient en rez-de-chaussée le long de la rue Edgar Degas, de la RN2 jusqu’au Cap, qui aurait pu devenir une véritable place accueillante plutôt que de continuer à les confiner tout en les déplaçant sur la RN2 en dehors du quartier.

Nos chers élus ne voient que dans le déploiement massif de grandes surfaces qui nécessitent l’utilisation de la voiture. Elles sont supposées créer de l’emploi. Oui, précaire, mal rémunéré. Quel choix d’avenir ! Or, notre population, et notamment les personnes âgées, ont besoin d’avoir accès à des commerces et des services de proximité à moins de dix minutes de leur domicile. Il faut donc oeuvrer pour que dans chaque quartier nous ayons accès à des outils essentiels qui créent de la vie dans la cité et du lien social.

Au-delà de ces outils, il faut des agents attractifs. Les deux principales listes aux élections municipales voulaient créer une médiathèque, à la Ferme du Vieux Pays. C’est certes au centre géographique de la ville, mais il faut avoir un peu plus d’ambition. La médiathèque devrait se situer près de la gare, au-dessus du parking ou sur les terrains SNCF près du tramway. Elle devrait être plus qu’une simple médiathèque mais nous devons lui accorder un rang intercommunal afin d’attirer d’autres visiteurs et donc d’autres clients ! Aussi, je n’ai jamais compris pourquoi à côté du Cap, les municipalités actuelle et précédente, n’ont jamais oeuvré pour qu’il y ait une véritable offre de restauration à proximité.

Permettre à nos commerces de vivre, sinon de survivre, et je l’espère de se développer, ce ne sont pas seulement des actions sur le budget. C’est une véritable politique de développement urbain. Il faut agir sur de nombreux paramètres, tirer profit des atouts de nos infrastructures et équipements. Notre ville a de nombreux atouts et nos élus, de gauche comme de droite, ferment les yeux.

Jérôme Charré

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3 commentaires à Un échec sur le commerce à gauche et à droite

  1. Laurent Comparot dit :

    Cher Jérôme,

    Il n’y a pas que des choix politiques à moins que la solution soit d’installer des magasins d’État.
    Il y a aussi des réalités micro-économiques avec un prix de l’immobilier exhorbitant et un pouvoir d’achat en stagnation voire en baisse.
    loyer cher + pouvoir d’achat en berne = pas de nouveaux commerces !
    Il y a aussi des évolutions sociologiques et des modes de consommation et d’achat : on ne réinstallera pas des graineteries et des boucheries chevalines… contrairement à ce préconisent les nostalgiques.

    Pas si simple tout cela, mais en effet, un dossier à nourrir pour réagir efficacement.

    • Les choix politiques y font pour beaucoup, d’autant que cela fait plusieurs années qu’ils n’ont pas été faits.
      Quant aux prix en hausse et au pouvoir d’achat en baisse, c’est en effet une réalité. Mais là, encore, les choix anciens et encore actuels favorisent les centres commerciaux en périphérie (O’Parinor, Europa City, Aéroville…) au détriment des centres.
      Une réflexion à mener et d’ailleurs Les Chemins de Mitry-Princet doivent à mon sens intégrer cette question du commerce en rez-de-chaussée.

      • Laurent Comparot dit :

        Je pense qu’Europa City et Aéroville sont des projets aux concepts dépassés. Nous ne sommes plus au XXe siècle mais bien au XXIe siècle, à l’heure de la réhabilitation de la ville et du commerce en ligne.
        Sur les nouvelles et futures formes du commerce, on ne peut rien faire si ce n’est s’adapter. Pour l’aménagement de la ville, il faut participer et ouvrir la réflexion.