Un accord a minima sur l’euro

La semaine dernière, les dirigeants des deux économies les plus puissantes de la zone euro se sont rencontrés afin de faire des propositions pour calmer les marchés.

De celle-ci, il en ressort un accord a minima qui s’il va dans le bon sens reste insuffisant par rapport à la situation.

D’abord, comme le rappelle justement FrédéricLN, ces propositions sont en fait une reprise du Pacte de stabilité et de croissance de 1997.

Ensuite, la création d’un gouvernement économique pour la zone euro est une évidence. Il ne saurait y avoir une monnaie commune s’il y a une dizaine de politiques économiques nationales diverses et variées. Cela va dans le sens d’un fédéralisme européen. Cependant, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en font pour l’heure une illusion. En effet, comment peut-on parler de gouvernement s’il se réunit que deux fois par an. Notre Conseil de ministres se réunit toutes les semaines ! De plus, il sera dirigé par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui malgré toutes ses qualités a brillé par sa transparence lors de la crise. Ce n’est pas sa personne qui est en cause, mais le fait que les dirigeants européens n’ait pas voulu doter l’Union d’une présidence forte.

Les dirigeants allemands et français souhaite instaurer une taxe sur les transactions financières, devenue l’une des marottes du moment de Jean-Louis Borloo. La fameuse taxe Tobin avait été jusqu’à présent rejetée par les dirigeants européens. Or, elle me semble une mesure de bon sens. Cependant, il faut voir à quel objet les fruits de cette taxe seront destinés.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel rejette encore les euro-obligations. On ne peut que regretter cette décision. Ces obligations auraient permis de soulager les pays les plus en difficulté en leur permettant d’avoir des taux d’intérêt moins élevés. Néanmoins, je pense que comme pour d’autres choses nous y viendrons.

Ensuite, le président français et la chancelière allemande veulent rendre obligatoire la « règle d’or » budgétaire dans toute la zone euro d’ici un an. Elle est consécutive du pacte de stabilité. Comme ce dernier, je crains fort que tous les Etats ne puissent la respecter. Concernant un impôt sur les sociétés commun en France et en Allemagne, cela va ainsi dans le sens d’une harmonisation fiscale. Mais, il n’y a pas que l’impôt sur les sociétés.

Règle d’or commune, début d’harmonisation fiscale. Cela suppose donc une stratégie économique non plus guidée par les seuls intérêts nationaux, mais aussi communautaire. Un pas vers une véritable Union européenne, qui ne me semble pas encore prêt à être franchi.

Jérôme Charré

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