Présentant la stratégie d’Axa aux investisseurs, Thomas Buberl a décidé de lever le pied sur la tout-digital et de revenir aux fondamentaux de l’assurance : santé, prévoyance et épargne. La révolution digitale, lancée à son arrivée, n’aura pas lieu. Ce retour aux sources présage-t-il une future tendance de fond ?

A son arrivée en septembre 2016, Thomas Buberl décrivait l’assureur du XXIe sicèle en affirmant que « les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) seront entrés dans le monde de l’assurance au cours des cinq prochaines années ». Face à cela, le patron d’Axa souhaitait que ces concurrents potentiels deviennent des partenaires et voulait casser le modèle de l’assureur pour en faire un acteur de l’économie digitale.

Ce revirement est surtout un constat d’échec de transformation trop rapide d’un groupe d’envergure. Ensuite, le recentrage des activités signifie qu’Axa acte que les autres domaines de l’assurance vont échoir tôt ou tard aux Gafa. Cette nouvelle stratégie laisse donc la porte ouverte à ces probables nouveaux acteurs.

Mais, elle ne sonne pas le glas de la transformation digitale des assureurs. Loin de là.

En effet, la digitalisation est une nouvelle étape dans le business model de l’assurance. Après la mise en oeuvre de systèmes d’informations qu’il a fallu consolider au fur et à mesure de la recomposition du secteur, la transformation digitale est un mouvement de refonte, de modernisation, d’optimisation des processus ou des parcours clients. Aussi, cela s’inscrit dans un élan général, au-delà de l’assurance.

Ce que l’on appelait encore nouvelles technologie de l’information et de la communication (les fameux NTIC) sont devenus incontournables (et parfois purement marketing) dans beaucoup de secteurs. Le développement des smartphones et tablettes, des applications, de l’internet mobile, des achats sur internet, de plateformes comme Uber modifie les comportements des consommateurs. Ou plutôt, il ajoute de nouvelles possibilités à des modes de consommations. Ainsi, l’assurance ne peut s’exempter de prendre sa part dans cette façon de consommer.

Cette transformation digitale est une nouvelle révolution de l’assurance, après la mise en oeuvre de systèmes d’informations. Elle suppose que la donnée, matière première de l’assureur, puisse être analysée par d’autres intervenants. De ce fait, il importe d’une part de se préparer à l’entrée de nouveaux acteurs, comme Orange Bank, Compte Nickel et consorts dans le secteur bancaire, Free dans la téléphonie mobile, en industrialisant notamment les process et d’autre part de se recentrer sur les activités où l’assureur conservera une plus-value par rapport au Gafa.

Share This