Vous faites sans doute parti des millions de personnes qui prennent matin et soir les transports en commun afin de vous rendre au travail. Souvent, ce trajet est des plus anodins. On écoute de la musique, on lit un livre ou un journal, on téléphone, on discute avec des amis, on regarde des vidéos. Mais dans The Passenger, cette migration pendulaire va plonger Liam Neeson dans un thriller haletant.

Ainsi, dans ce film, Liam Neeson campe Michael MacCauley, qui chaque jour prend le train de banlieue qui le ramène chez lui. Il a une vie assez classique. En effet, il travaille dans une société qui vend des produits financiers et des assurances-vie. Il a sa maison en banlieue acquis avec son épouse. Il doit financer les études de son fils. Mais, après une journée qu’on pourrait qualifier de pourrie, son trajet quotidien prend une tournure bien différente. En plusieurs étapes, il va être contraint d’identifier un passager caché dans le train, avant le terminus. Cette recherche devient une course contre la montre, puis une question de vie ou de mot pour MacCauley et les autres passagers.

L’idée d’un thriller dans un banal train de banlieue est séduisante. Elle crée une atmosphère étouffante, sinon anxiogène. Ce huis-clos permet de centrer le film essentiellement sur l’ambiance plutôt que sur l’action. Le questionnement monte en puissance, au fur et à mesure que la peur et l’inquiétude guettent le héros et les passagers. Le rythme est bien mené, le passage progressif de la fin de journée vers la nuit aussi. Le film a plusieurs phases entre action et semblant d’apaisement.

Toutefois, les ficelles sont un peu grosses. C’est la première fois que je vois un train où les passagers n’arrêtent pas de changer de place, MacCauley en tête. Cela fait perdre en crédibilité au scénario. Pourtant, il y a quelques bonnes idées comme le fait d’avoir en fonction des wagons et des moments une climatisation inopérante. Malgré les incohérences, on est assez vite pris par l’engrenage dans lequel Liam Neeson se démène tant bien que mal. Chaque visage est scruté afin d’essayer de deviner qui est celui qui est caché dans le train. Pour autant, cette recherche crée une méfiance du côté de MacCauley vis-à-vis de ses commanditaires.

Le film de Jaume Collet-Serra fonctionne bien. Liam Neeson, habitué à ce genre de rôle, y est pour beaucoup. Il donne à ce businessman fatigué de l’épaisseur ajouté à un côté Bryan Mills de la saga Taken. Les autres acteurs ont donc la portion congrue. Vera Farmiga n’intervient qu’en tant que déclencheur véritable de l’intrigue. Elle n’apporte pas d’autre intérêt. Patrick Wilson est à l’aise, même si son rôle aurait mérité davantage d’exposition. De même, Sam Neill ajoute une touche bien venue de flegme et de roublardise.

Dès lors, sans être révolutionnaire The Passenger nous tient bien en haleine. Liam Neeson y est à son aise pour porter ce thriller plus subtil qu’il n’y parait. Le confinement pesant et la longue attente qui nous occupe donne à ce film une densité intéressante. Ainsi, on s’accroche à cette histoire loin du train-train habituel.

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