Sans Borloo, l’UMP boit la tasse

Après un suspense entretenu, Jean-Louis Borloo a annoncé, lors de la dernière émission d’Arlette Chabot A vous de juger sur France 2, que lui et le Parti radical quittaient l’UMP. Il indique vouloir organiser « l’aile sociale, l’aile humaniste de la majorité » par une alliance républicaine ou une confédération des centres(-droit).

Cette décision signe la fin de l’UMP telle que créée par Jacques Chirac, Alain Juppé et Jérôme Monod en 2002. Celle-ci visait à regrouper sous la même bannière toutes les familles politiques de droite et du centre: gaullistes, libéraux, centristes… Seul François Bayrou avait refusé ce qu’il considérait comme le parti unique.

Nicolas Sarkozy avait été plus loin dans le concept avec le Comité de liaison de la majorité présidentielle qui en plus de l’UMP associe aussi le Nouveau centre, le MPF de Philippe de Villiers, CPNT et Frédéric Nihous ou encore La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel.

Ainsi, l’UMP commence progressivement à se disloquer comme le bloc soviétique suite à la perte d’influence de l’URSS à la fin des années 1980. Nous allons peut-être revenir à ce que nous connaissions jusqu’avant 2002 avec le RPR et l’UDF.

D’ailleurs, quand on écoute ou lit les uns ou les autres, c’est cette optique là qui est clairement choisie. Ainsi, que ce soit les néocentristes Hervé Morin ou Maurice Leroy ou les radicaux tel que Jean-Louis Borloo, chacun d’entre eux rêvent de l’ancienne UDF. L’UDF d’avant 1998 ! Celle où l’on trouvait des centristes avec le CDS, des radicaux avec le Parti radical ou encore des libéraux avec le Parti républicain. Cette UDF-là était tellement partenaire du RPR de l’époque que l’on ne parlait que de RPR-UDF ou d’UDF-RPR.

Pour l’alternative au PS et à l’UMP, c’est raté ! En effet, celui qui a réussi à amener les centristes à se détacher clairement du RPR puis de l’UMP, c’est François Bayrou. Si Jean-Louis Borloo veut être une alternative, il faudra donc se rapprocher inéluctablement de François Bayrou.

D’ailleurs, pour nos nostalgiques de l’UDF époque Giscard, il y a un souci important: les finances ! En se déclarant si tard, Jean-Louis Borloo n’a pas permis à ses parlementaires de se rattacher au Parti radical en tant que tel. Dès lors, il se dit indépendant de la maison mère tout en en étant financièrement rattaché.

Dès lors, il me semble que Jean-Louis Borloo ne fait que réorganiser le pôle UDF de la majorité afin de contrer le pôle de droite dure de l’UMP afin d’amener une dynamique sociale et humaniste au candidat Nicolas Sarkozy. Et par là même de se placer en Premier ministre en cas de réélection de ce dernier. Dans le cas contraire, il serait l’un des chefs de file de l’opposition.

Jérôme Charré

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