Redonner vie à la ville grâce au commerce de proximité


Les difficultés que rencontrent les centres commerciaux Le Millénaire d’Aubervilliers et Plein Air au Blanc-Mesnil à trouver leur clientèle montre que la marche en avant des élus à vouloir à tout prix un centre commercial est devenue nocive.

Ainsi, des articles récents dans la presse locale ont révélé que ces nouveaux venus sont contraintes de ruser par des ouvertures le dimanche ou des promotions exceptionnelles régulières.

Cependant, la Seine-Saint-Denis est un département déjà suffisamment pourvu en grandes surfaces pour une population ayant les revenus les plus faibles du pays.

D’abord, favoriser l’émergence des grandes surfaces, c’est certes créer de l’emploi, mais c’est de l’emploi mal rémunéré, aux conditions de travail difficiles.

De plus, il est étrange que nos élus, de gauche comme de droite, qui se sont convertis à la rénovation urbaine bien qu’ils n’en aient pas compris la teneur, poursuivent la pratique du zonage des activités de la grande époque des années 1960.

En effet, lors des Trente glorieuses, l’automobile était toute-puissante, il y avait trois grandes zones: les zones à urbaniser en priorité (ZUP) qui sont devenus nos fameux quartiers sensibles, les zones industrielles, et enfin, les centres commerciaux.

Il est temps de changer de conception, et de développer l’offre commerciale en tenant compte que les habitants aspirent à retrouver un commerce près de chez eux.

Ainsi, la fameuse photo du boulevard de Strasbourg prise par mon camarade d’Aulnay libre illustre bien ce besoin de développement et de diversification des commerces. Ce boulevard est pourtant considéré comme l’artère principale de notre ville. Au fil des années, elle est devenue totalement amorphe, sinon anesthésiée.

Si l’on veut retrouver une vitalité, il importe de rendre attractif nos pôles de centralité. Le Centre-gare, comme son nom l’indique, se trouve pourtant à proximité immédiate d’une des gares les plus fréquentées d’Ile-de-France. La Rose des Vents aurait pu tirer profit du programme de rénovation urbaine. Il y a encore le Vieux Pays, Chanteloup, etc.

Pour cela, une véritable stratégie doit être mise en place. Chaque pôle doit être renforcé et il faut les spécialiser en fonction de leurs forces, leur donner une identité. C’est une action de chaque instant qui doit mobiliser l’ensemble des acteurs: ville, bailleurs, et commerçants.

Je considère que le commerce de proximité est essentiel à la préservation du tissu social, à l’émergence de nouveaux entrepreneurs et au développement économique de notre ville. Et plus encore, il redonne vie à la ville.

Jérôme Charré

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