Quinquennat Hollande, acte 2, scène 1

hollande-valls-930_scalewidth_630Suite aux résultats désastreux pour la gauche, et en particulier pour le gouvernement, François Hollande a décidé de remplacer au poste de Premier ministre Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls.

Le Président de la République, homme de synthèse, tente son va-tout. En misant sur l’homme politique de gauche le plus populaire, il espère redonner de l’élan à son quinquennat.

Le pari est risqué. En effet, avant qu’il ne soit nommé, les ministres écologistes avaient clairement exprimé leur volonté de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls. De plus, la gauche de la gauche ne voit pas d’un oeil la nomination du « plus à droite » des socialistes et par certains aspects d’un Sarkozy de gauche. Enfin, le nouveau Premier ministre ne paraît pas être celui qui rassemblera les différents courants socialistes afin de soutenir sa politique.

Ce qu’il perd sur sa gauche, François Hollande ne devrait pas le récupérer sur sa droite. L’UMP et l’UDI ont répété qu’ils souhaitaient un changement de politique. Leur victoire aux municipales ne devrait pas les inciter à soutenir le gouvernement. On ne change pas une stratégie gagnante avant les futures échéances : européennes fin mai, régionales et cantonales l’an prochain.

En complément, et sans doute pour adoucir le choix de Manuel Valls, François Hollande a proposé un Pacte de solidarité. Il n’en a pas précisé les contours et c’est bien regrettable. De plus, on peut s’interroger sur ce Pacte alors que le Pacte de responsabilité n’est même pas encore lancé.

Et c’est là le paradoxe. C’est alors que le Président de la République s’apprête enfin à mettre en oeuvre ses orientations qu’il a été désavoué. Alors que la gauche de la gauche et la droite réclame une autre politique, il maintient le cap.

En choisissant Manuel Valls pour incarner cette ligne social-démocrate, il y a fort à parier que François Hollande ait préféré une personnalité complémentaire et non semblable comme l’était Jean-Marc Ayrault. Il a opté pour un homme qui est perçu comme droit et qui ne tergiverse pas. Pour résumer, avec Manuel Valls, le Président de la République a voulu montrer qu’il n’y aura pas ou plus d’inflexion.

Désormais, il faudra voir si, après le départ d’EÉLV, la majorité reste soudée. Il faudra regarder comment le duo Hollande-Valls fonctionne. Enfin, il faudra espérer que François Hollande ne se serve pas de Manuel Valls comme François Mitterrand a utilisé en son temps Michel Rocard.

Jérôme Charré

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La fin de la parenthèse

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Après un avertissement sévère lors du premier tour, les Aulnaysiens ont décidé de mettre fin à la parenthèse ouverte en 2008.

Ainsi, Bruno Beschizza sera samedi élu maire d’Aulnay-sous-Bois. Je lui adresse mes félicitations et mes voeux de réussite pour notre ville.

Aulnay redevient de droite. Et ce, de manière claire et nette. En 2008, la gauche avait réussi à l’emporter de 200 voix. Aujourd’hui, elle est battue de 5000 voix. Le rejet de la majorité sortante est franc et massif.

Gérard Ségura n’a pas réussi à renverser la tendance du premier tour. Il gagne près de 4000 voix mais c’est insuffisant puisque Bruno Beschizza en a gagné 5000 (plus que les scores obtenus au premier tour par l’UMP et l’UDI). La campagne de l’entre-deux tours basée sur la peur n’a pas réussi. Elle a sans doute conforté les uns et les autres dans leur position.

A cette déroute, le contexte national a sans doute joué pour partie. Mais, à Aulnay, c’est un système à bout de souffle de bout de seulement six ans qui a été sévèrement déjugé. Avec cette alternance, le paysage politique local va se recomposer. Si la majorité sortante n’assume pas ses erreurs, elle ne s’en relèvera pas. Cela pourra profiter au mouvement issu de la liste d’Alain Amédro. De l’autre côté, la droite sort victorieuse de cette campagne. Sans avoir le triomphe modeste, elle devra faire preuve d’humilité et se mettre au travail dans le sens de l’intérêt général. Enfin, le centre, auquel j’appartiens, va devoir tirer les leçons de cette campagne afin de se reconstruire et d’apporter sa part à la reconstruction d’Aulnay.

En Seine-Saint-Denis, ce qui s’est passé hier soir est exceptionnel et historique. Des forteresses de la ceinture rouge considérées jusqu’hier comme imprenables sont tombées : Bobigny, Le Blanc-Mesnil ou encore Saint-Ouen. L’UMP et l’UDI gagnent également Villepinte et Livry-Gargan. Désormais, le plus dur est à venir. Il va falloir réussir l’alternance, et ce d’autant plus, dans des communes qui ne l’ont jamais connu. Il ne faudrait pas que le balancier reparte dans l’autre sens dans six ans.

Au niveau national, le désaveu vis-à-vis du gouvernement est flagrant. Avec la perte de 155 villes de plus de 9 000 habitants, la gauche paie cher les atermoiements du Président de la République. La gauche de la gauche ou la droite demande à François Hollande de changer de politique alors qu’il n’a pas encore mis en place sa politique social-démocrate. Il va falloir qu’il quitte ses habits du Premier secrétaire de la synthèse pour endosser enfin celui du capitaine qui nous dise clairement où il veut mener le pays.

Pour ma part, je ne fais pas partie de l’équipe municipale élue dimanche. C’est ainsi. Je souhaite néanmoins continuer à participer à la reconstruction du centre à Aulnay-sous-Bois. Enfin, je veux apporter ma contribution pour que notre ville réussisse à se rassembler, à se relever et à affronter les défis qui s’annoncent.

Jérôme Charré

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« Moi, Auguste, Empereur de Rome » au Grand Palais

exposition-auguste-au-grand-palais-afficheAprès avoir connu un immense succès en Italie, le premier empereur de Rome investit le Grand Palais jusqu’au 13 juillet 2014.

« Moi, Auguste, Empereur de Rome » commémore le second millénaire de la disparition d’Auguste, survenue le 19 août 14, et présente les collections réunies du Louvre, des Écuries du Quirinal et du musée du Capitole, à Rome.

Petit-neveu et fils adoptif de Jules César, Octave arrive au pouvoir dans les proscriptions et les guerres civiles qui suivent l’assassinat de ce dernier puis l’élimination de ses propres rivaux. Il parvient à laisser à la postérité l’image du restaurateur de la paix, de la prospérité et des traditions.

Une vaste sélection de statues, reliefs sculptés, fresques, pièces de mobiliers ou d’argenterie, les reconstitutions d’une villa des pentes du Vésuve et de tombes découvertes en Gaule, font revivre les grandes heures de l’empereur Auguste, l’effervescence artistique de son règne, mais aussi les transformations du paysage urbain et du cadre de vie des Romains.

A travers un parcours thématique bien choisi, l’exposition raconte la façon dont le fils adoptif de César devient Auguste et met en place un nouveau régime à la fin de la République romaine tout en gardant bon nombre d’aspects du précédent régime. Aussi, Auguste a instauré un système autour de son image officielle d’homme d’État.

Après les affrontements s’ouvre le « siècle d’Auguste », période de paix et de prospérité. Un art de vivre fastueux se déploie à Rome, et est copié dans les provinces. Une pièce recrée ainsi une salle de réception romaine avec notamment des satyres priapismes sur des pieds de brasero ou des coupes en argent raffinées. L’empereur se veut bâtisseur et fait construire temples, forum et un théâtre à Rome. Les arts – sculptures, littérature – fleurissent comme sur les frises chargées de feuillage de l’époque augustéenne.

Une salle entière est consacrée à son cercle familial, compliqué. En effet, Auguste ne soigne pas que son image : il met en avant sa famille recomposée – il s’est marié trois fois. Mais ses héritiers naturels décèdent avant lui, et l’empereur doit adopter Tibère, le fils que Livie, sa troisième épouse, a eu d’une première union. Quelques semaines à peine après la mort d’Auguste, le Sénat romain le divinise. Après la statue guerrière de l’entrée, c’est une autre pièce monumentale qui clôt une longue vie, celle d’un homme représenté en dieu.

Le Grand Palais présente ici une très belle rétrospective consacrée au premier empereur de Rome au travers d’une très grande variété d’objets et d’une scénographie bien pensée. Même les non-initiés pourront parcourir les allées grâce à de bons supports pédagogiques. « Moi, Auguste, empereur de Rome » s’adresse à tous et offre un moment hors du temps.

Jérôme Charré

Retrouvez ma galerie photo « Moi, Auguste, Empereur de Rome » sur flickr.

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Un rejet franc et massif

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Les résultats du premier tour de l’élection municipale à Aulnay-sous-Bois sont d’une limpidité parfaite.

L’abstention a progressé de 3 points. Par rapport à 2008, elle a changé de nature. Cela s’est traduit dans les urnes.

Ainsi, Gérard Ségura, pour son premier mandat, n’a recueilli que 27% des suffrages. Après le maire de Bagnolet, il s’agit du score le plus faible du département pour un maire sortant. C’est inédit ! Trois quarts des votants désapprouvent Gérard Ségura. La manière dont la ville est malmenée depuis six ans lui a coûté cher. Et la surenchère de promesses par rapport à la précédente municipale n’aura pas suffi. Au vu du rejet qu’il a réussi à susciter en si peu de temps, il lui sera très compliqué d’être réélu.

L’opposition au maire est massive mais elle se distingue entre celle de droite portée par Bruno Beschizza et Jacques Chaussat, et celle de gauche portée par Alain Amédro.

Alain Amédro en rassemblant les déçus de gauche à la municipalité en place a failli réussir son pari d’atteindre les 10% lui permettant de se maintenir. Il peut se placer en reconstructeur de la gauche locale. Mais en étant absent du conseil municipal, il sera difficile d’exister.

La droite et le centre rassemblent 55% des suffrages exprimées. Aulnay était donc gagnable dès le premier tour. Mais, du fait des appareils, jusqu’ici unis dès le premier tour, l’UMP et l’UDI se présentaient séparément.

A ce jeu, et comme dans beaucoup de communes françaises, c’est l’UMP qui gagne. Avec 41%, Bruno Beschizza réalise un très bon score. Il a profité à plein du rejet de Gérard Ségura aussi bien au sud, traditionnellement favorable, qu’au nord de la ville. Il est logiquement favori pour remporter la ville dimanche.

De son côté, Jacques Chaussat obtient 14% des suffrages. Il s’agissait de la première candidature du centre aux élections municipales depuis très longtemps. Le score obtenu est supérieur au poids habituel de cette famille politique à Aulnay. Mais il est très loin derrière le candidat UMP. Sa candidature n’est apparue suffisamment forte pour rassembler les Aulnaysiens qui voulaient tourner le page. Le conseiller général d’Aulnay n’a donc pas réussi son pari.

Enfin, Mokhtar Farhat, avec sa liste Aulnay vers le haut, qui se voulait en dehors des partis  a réussi son entrée. Avec plus de 5% des suffrages, il constitue une force en devenir. Il va falloir désormais structurer ce mouvement et le développer.

Au vu des résultats du premier tour, les jeux semblent déjà faits avec une victoire de Bruno Beschizza. Gérard Ségura va lancer toutes ses dernières forces dans la bataille avec les recettes qu’on lui connait, notamment la tentative d’assimilation de la droite à l’extrême-droite avec des termes bien choisis. Il va essayer de jouer sur les peurs et un éventuel péril pour mobiliser un électorat qu’il a déçu.

De son côté, Bruno Beschizza devra réussir à transformer le front anti-Ségura en un rassemblement constructif pour Aulnay. En effet, après une parenthèse désastreuse pour la ville, de nombreux défis sont à relever. Ce ne sera pas facile, il y aura tellement de sujets à traiter. Mais la réussite de la prochaine équipe municipale est indispensable pour l’avenir d’Aulnay.

Jérôme Charré

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Communiqué de presse

En 2008, certains annonçaient victorieux « le temps du bonheur » pour Aulnay-sous-Bois. Aujourd’hui, six ans après, nous en sommes bien loin : clientélisme, copinage, désorganisation et minage des services communaux, dépenses publiques en hausse, etc.

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