Oui à une réforme fiscale, mais…

Selon une étude réalisée par TNS Sofres/Publicis Consultants pour Le Monde, Europe1 et i-Télé, 79% des personnes interrogées souhaitent une réforme de la fiscalité et seuls 54% souhaitent la suppression du fameux bouclier fiscal.

Or, une réforme fiscale est déjà sur les rails. Elle est certes discrète mais elle a bien lieu.

D’abord, lorsqu’il a été élu, Nicolas Sarkozy a ramené le taux du bouclier fiscal lancé par Dominique de Villepin de 60 à 50%, a lancé l’exonération fiscale des intérêts d’emprunts et des heures supplémentaires.

Désormais, l’obligation de réduire les déficits publics conduit le gouvernement à faire évoluer à nouveau notre fiscalité, sans pour autant revenir sur sa mesure phare du bouclier fiscal.

Alors, bien sûr, il ne s’agit pas d’une réforme de structure qui aurait permis de simplifier les choses et de rendre notre fiscalité plus juste. Mais, tout de même.

Fidèle à la promesse présidentielle de ne pas augmenter la pression fiscale, il faut trouver d’autres subterfuges pour récupérer des recettes afin de réduire le déficit public. Dès lors, en rabotant ces avantages fiscaux établis à l’époque pour favoriser une activité, un secteur ou un territoire, le gouvernement augmente de fait les impôts payés par les contribuables. Cela lui permet d’augmenter les impôts sans le dire.

Alors, faut-il lancer dès maintenant une réforme fiscale de grande ampleur ? Le créneau n’est pas franchement des plus approprié. Nous sommes deux ans avant l’élection présidentielle, pourrait-on dire. Mais, l’argument ne tient pas car quasiment chaque année, il y a une élection en France.

Par contre, le contexte délétère qui court en ce moment ainsi que les hommes qui auraient à mener cette réforme me fait craindre qu’elle sera de toute façon très mal perçue et qu’elle devra être revue après l’élection présidentielle.

Néanmoins, une réforme fiscale est indispensable. Celle-ci doit avoir pour but l’assainissement des finances publiques et l’encouragement de l’innovation et la recherche, de l’esprit d’entreprise et de l’emploi, dans une perspective de développement durable et soutenable.

Jérôme Charré

Cette entrée a été publiée dans France, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.