On s’assied sur ce que dit la ville

Comme bon nombre d’Aulnaysiens, j’ai reçu l’édition spéciale d’Oxygène avec le questionnaire dans le cadre des Assises de la ville. Une pure opération de communication. En effet, l’équipe municipale actuellement en place s’est fait élire en promettant des logements et des emplois à qui n’en veut, mais aussi en étant le chantre de la démocratie participative. L’équipe sortante ne se basant que sur les experts qu’elle nommait elle-même, cette demande des citoyens à participer à la vie démocratique et au processus de décisions était forte.

Ainsi, comprenant cette vogue, l’équipe nouvellement élue affichait partout que la démocratie c’est maintenant. Elle multipliait les conseils de quartier, créa un conseil des séniors, augmenta le nombre d’adjoints au maire pour s’occuper de ces quartiers.

Mais, la démocratie participative ne pouvait, et ne peut toujours pas, s’accorder avec la réalisation des logements promis en masse. Et c’est là, que l’achoppement a lieu. Ainsi, jusqu’à maintenant, c’est la technique du passage en force qui est employée par la Ville. Les exemples sont nombreux: cité Arc-en-ciel, Hôtel de ville, rue Fernand Herbaut-impasse des Marronniers, rue des Saules, rue Jules Princet, rue Riquet et Doudeauville, et enfin l’ancien Hôtel des impôts. On place à chaque fois les riverains devant le fait accompli, puis on leur demande un avis sur la couleur des pots de fleurs. Piteuse conception de la démocratie.

Ainsi, depuis 2008, la municipalité décide, comme la précédente. C’était bien de se présenter comme « Aulnay renaît » pour agir finalement de la même façon. Mais, pas forcément avec les mêmes finalités.

L’an prochain, il y a deux campagnes électorales: l’élection présidentielle en avril-mai et des élections législatives en juin. Alors que ces Assises auraient pu être lancées dès le début du mandat dans cette esprit nouveau de l’alternance, elles sont lancées à peine un an avant une élection où l’on ne doute pas un instant que le maire soit candidat, ou au moins suppléant d’une ancienne ministre de la Justice. Coïncidence heureuse ?

Peut-on croire que trois ans après avoir fait tout le contraire que ce que beaucoup considèrent comme la démocratie participative locale, la municipalité va d’un seul coup, comme par magie, agir autrement ?

Certes, il y a de nombreuses questions, sur bon nombre de sujets. Mais, tel qu’elles sont formulées et au vu des réponses proposées, on incite la personne qui répond à approuver la politique municipale. On est donc loin d’une véritable enquête objective, préalable à de véritables Assises de la ville.

Jérôme Charré

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