Les suites, remakes et reboots de films où le casting masculin est remplacé par un casting féminin ont apparemment le vent en poupe. Après Ghosbusters, que je n’ai même pas eu envie de voir, voici Ocean’s 8, suite de la trilogie Ocean’s 11, 12 et 13. L’équipe menée par Sandra Bullock arrivera-t-elle à égaler ou surpasser celle conduite par George Clooney ?

Debbie Ocean a passé cinq ans, huit mois et douze jours en prison. Elle a mis ce temps à profit pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Une fois sortie en libération conditionnelle, elle retrouve son associée Lou Miller. Puis, ensemble, elles se mettent à composer leur équipe de choc : Amita, la bijoutière, Constance, l’arnaqueuse, Nine Ball, la hackeuse, Rose, la styliste et Tammy, la receleuse. Le butin convoité est une rivière de diamants d’une valeur de 150 millions de dollars. Un plan en béton va alors se mettre en oeuvre, à condition que tout s’enchaîne sans la moindre erreur de parcours.

Si l’histoire vous rappelle quelque chose, c’est normal, c’est quasiment la même trame que celle d’Ocean’s Eleven. Ocean’s 8 a donc la même construction que son aîné, qui lui-même était un remake de L’inconnu de Las Vegas. C’est bien regrettable car cela enlève toute idée de surprise au scénario. Les différences entre ces deux Ocean’s portent sur les stéréotypes. En effet, Ocean’s 8 insiste fortement, sinon lourdement, sur les caractères attribuées aux femmes : les bijoux, les robes, les galas… On aurait pu espérer qu’une équipe de braqueuses ne soit pas définie quasiment uniquement par leur côté féminin.

Pour autant, une fois mis de côté les stéréotypes, Ocean’s 8 a une réalisation efficace sans pour autant rien apporter à la trilogie initiale. Aussi, la musique rend le film attrayant. Celle-ci colle bien aux différentes situations. Les décors sont somptueux notamment pour la partie mode et gala. Malgré un début un peu étrange, le rythme est bien conduit. Il n’y a donc rien de nouveau, mais l’ensemble tient la route.

Les références à la franchise Ocean’s Eleven sont très (trop) présentes. Mêmes initiales entre les deux principaux protagonistes, même construction de l’histoire, au moins trois fois la citation ou la vision de Danny Ocean (écrites ou en photo), on sent qu’il faut à tout prix raccrocher Ocean’s 8 à la franchise. C’est dommage, car le film aurait pu, et même du, apporter du neuf à la franchise, et non seulement changer la composition de l’équipe.

Le principal attrait du film est son casting cinq étoiles. Toutefois, son apport est assez inégal. Sandra Bullock est à l’aise en Debbie Ocean, chef de bande. Elle tient clairement le haut du panier. Cate Blanchett, en revanche, semble étonnamment en retrait. Son personnage, Lou Miller, associée de Debbie devrait avoir plus d’envergure. Ici, hormis quelques coups d’éclats, Cate Blanchett ne paraît pas être dans son élément. Anne Hathaway, en reine de la mode, et Helena Bonham Carter, en styliste sur le retour, apportent beaucoup au casting. L’une et l’autre maîtrise leur sujet. Elles sont véritablement ce qui permet au film de ne pas sortir de son objectif. Rihanna, pour son entrée en matière, n’a pas un rôle qui permet d’exprimer un talent. Elle semble assez transparente et peu crédible en hackeuse. Enfin, Sarah Paulson, Mindy Kaling et Awkwafina sont efficaces dans leurs rôles de troisième plan.

Ainsi, Ocean’s 8 est un film divertissant. Même s’il y a un sentiment de déjà vu, on est en terrain conquis. Le film répond aux attentes, l’effet surprise en moins. La transposition du braquage de l’équipe masculine de Danny dans les casinos par celle de l’équipe féminine de Debbie pour les bijoux est réussie sans briller. Le film porté par son casting fera passer un bon moment.

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