Il y a des films que l’on regarde au cinéma parce qu’aucun autre film proposé ne vous attire. Parmi l’éventail de suites telles que Mission impossible 6, Les indestructibles 2, Hotel Transylvanie 3 ou Mamma Mia ! 2, j’ai préféré découvrir un drame judiciaire porté par Emma Thompson : My Lady.

Le film raconte l’histoire de Fiona, juge aux affaires familiales. Elle prend des décisions difficiles mais tranchées. Mais, elle va devoir décider si la justice doit obliger un adolescent, quasi-adulte, à se faire transfuser pour pouvoir le soigner, allant à l’encontre de ses convictions religieuses. Elle se décide à le rencontrer.

My Lady dresse le portrait sensible et délicat d’une femme, juge des enfants, mêlant vie privée et vie professionnelle. Derrière un juge, il y a un homme ou une femme. Ici, on suit Fiona dont l’apparente carapace va progressivement se craqueler au regard des événements personnels et professionnels. Après un début un peu lent, très british, le film commence à captiver le spectateur lorsque Fiona va devenir un être plus complexe au contact d’Adam. Ses propres fragilités, ses propres peurs et toutes les questions enfouies qu’elle n’osait se pose à son sujet remontent à la surface. Dès lors, sa vie bien réglée va en être bouleversée. Cetfe étude psychologique, empreinte de douceur et de justesse, va devenir l’enjeu du film. Le spectateur découvre comment l’état d’esprit de Fiona va se transformer, alors qu’elle va essayer d’aller contre ce changement.

Ainsi, My Lady nous offre le loisir d’admirer l’immense talent d’Emma Thompson et de Stanley Tucci. Les deux acteurs principaux permettent au film de captiver le spectateur. Ils sont tout bonnement excellent dans leurs rôles. Emma Thompson est très juste dans le rôle de Fiona, femme qui voit ses choix, ses habitudes, sa façon d’être perturbée par une affaire, qui deviendra le déclencheur de son évolution. De son côté, Stanley Tucci apporte sa complémentarité en époux délaissé par sa femme, qui essaie de la faire réagir, sans grand succès. Aussi, Jason Watkins apporte une touche so british agréable, en assistant toujours aux petits soins de Fiona, et ce en toute circonstance. Enfin, Fionn Whitehead apporte une sensibilité et un réalisme fabuleux. Le duo qu’il forme avec Emma Thompson est assez déroutant.

La musique est également un acteur du film. Elle est ce qui crée la relation entre Fiona et Adam, qui fait que nous sommes pas dans un épisode de fait-divers, mais dans une histoire jurifique, profondément humaine. A de nombreuses reprises, le piano prend toute sa place dans plusieurs scènes. Il accompagne les protagonistes dans leurs histoires, leur quotidien. Les partitions de Stephen Warbeck nous emmènent très loin sans tomber dans le cliché.

Le scénario d’Ian McEwan, adapté de son propre roman, est très belle justesse. Il s’agit d’une histoire somme toute classique, que l’on pourrait entendre dans les médias. Mais, elle prend une autre direction, qui sait surprendre, qui sait nous faire réfléchir, qui sait nous laisser guider par la vie de ses personnages. Pendant le film, on essaie de comprendre le sens de l’histoire, histoire qui se dévoile doucement avec des soupçons de drame.

Portée par ses décors et ses couleurs typiquement britanniques, la réalisation menée par Richard Eyre est également très juste. My Lady sait émouvoir le spectateur et le captiver. Il s’agit d’un film pudique, tout en réserve, où les silences en disent beaucoup, où les regards parlent bien plus que les mots. Dans ce film, tout se passe en profondeur, la surface bouge à peine et permet une fin apaisée. Un film profondément humain.

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