Douglas Kennedy est un auteur américain que j’apprécie. Ainsi, j’avais apprécié le bien intrigant La Femme du Ve et la chronique de voyage Au-delà des pyramides. Ici, l’auteur nous raconte l’histoire d’un couple, comme il en existe beaucoup, qui part en voyage au Maroc pour se retrouver. Mirage tient-il ses promesses ? Nous transporte-il dans cette illusion que peut être la vie ?

Mirage nous raconte l’histoire d’un couple. Robin est experte-comptable, Paul artiste. Malgré les tensions liés au comportement fanstaque et dépensier de Paul, le couple s’aime. Robyn veut avoir un enfant, Paul aussi. Alors pour changer d’air et faire cet enfant, Paul convainc Robyn de partir au Maroc. Là-bas, la magie opère. Paul retrouve son inspiration et se remet à peindre, Robyn reprend espoir dans son couple. Sauf qu’une terrible nouvelle survient, puis Paul disparaît. Robyn va vivre de multiples péripéties pour essayer de le retrouver.

Douglas Kennedy signe ici un roman en trompe-l’oeil. Nous ne sommes dans un polar. Alors qu’elle semblait constituer la tram du roman, l’énigme résultant de la disparition du mari n’est finalement qu’un prétexte. Nous ne sommes pas non plus dans un roman psychologique. En effet, le personnage de Robyn est terriblement invariable. Les divers événements qu’elle rencontrent ne semblent pas affecter sa vision du monde, son comportement. Malgré toutes les péripéties subies ou provoquées, elle est exactement la même qu’au début du roman. Enfin, nous ne sommes pas dans un roman initiatique. D’une part, le voyage au Maroc n’a aucun effet véritable sur Robyn. D’autre part, la description du Maroc se réduit à l’énumération de stéréotypes. Dès lors, nous sommes loin du roman de voyage. Enfin, toute solution aux problèmes connus par Robyn est l’argent. Cela donne des relents colonialistes, sinon impérialistes, à ce roman.

Pourtant, l’histoire principale est intéressante. En effet, Douglas Kennedy décrit un couple qui de complémentaire entre un artiste inspiré, fantasque, la tête dans les étoiles et une experte-comptable réfléchie et terre-à-terre est devenu contradictoire. La recherche par Robyn de son mari après qu’elle ait découvert sa supercherie pouvait constituer un parcours initiatique à travers le Maroc, par la découverte de ses villes et villages, de ses habitants, de leur culture, etc. Les différents événements du roman sont assez convenus, sinon caricaturaux. De même, les personnages principaux comme secondaires ne paraissent pas suffisamment subtils. Ils répondent à des profils-types. Ainsi, le personnage de Ben Hassan n’a pas besoin d’être développé pour que l’on devine son véritable rôle dans l’intrigue, et c’est bien regrettable.

Mirage est donc loin d’être mon roman de Douglas Kennedy préféré. Il ne répond pas à ses promesses. Je m’attendais à plus grande part laissée à la description du Maroc. Il semble qu’il ne laisse aucun impact sur les personnages. De même, de pans importants de l’intrigue ne laisse pas une empreinte suffisamment forte sur Robyn. Pourtant, il y aurait de quoi. On sent un Douglas Kennedy moins inspiré que sur les autres romans que j’ai lu.

Share This