L’ombre d’elle-même

L’Union pour un Mouvement populaire a été créée afin de porter la candidature de Jacques Chirac à l’élection présidentielle de 2002. Pour cela, avec Jérôme Monod et Alain Juppé, ils ont eu l’idée de rassembler dans un même mouvement les différents partis de droite qu’étaient le RPR, l’UDF (le Parti radical notamment) et Démocratie libérale. Seuls les centristes de l’UDF, issus principalement de Force démocrate, refusèrent ce parti unique.

La machine UMP est donc un parti qui sert à pousser une candidature présidentielle. Dès lors, elle éprouve des difficultés à gagner des scrutins locaux, ou intermédiaires. Les élections régionales de 2004 en ont été un exemple. Nicolas Sarkozy a tenté, suite à son élection, de créer une super-UMP avec son Comité de liaison de la majorité présidentielle en regroupant d’autres formations satellites. L’idée était de faire le plein de voix au premier tour pour gagner au second. Les élections régionales de 2010 ont mis à mal cette stratégie.

Puis, les différents événements ont fait que Nicolas Sarkozy a resserré le gouvernement avec des personnalités principalement issus du seul RPR, tout en ayant un discours essayant de séduire à nouveau les électeurs du Front national. Les résultats des élections cantonales ont montré les limites de cette stratégie.

De ce fait, l’UMP n’est plus que l’ombre d’elle-même. Machine créée pour faire de gros scores des premiers tours, elle est désormais une force politique comme une autre, qui ne joue plus forcément gagnant, mais placé.

Cette crise existentielle est aggravée par les dissensions entre ses différents tenants, en premier lieu desquels celui entre le chef de la majorité, François Fillon, et le chef du parti, Jean-François Copé, sur le débat sur la laïcité, l’attitude par rapport au Front national, la fiscalité… Aussi, suite au dernier remaniement, les centristes aspirent à plus d’autonomie, sinon à leur indépendance.

Dès lors, Nicolas Sarkozy est dans une très mauvaise posture. Il avait réussit à s’accaparer une machine de guerre pour la transformer en outil de promotion personnelle. Il doit désormais colmater les brêches tant que mal.

Les différentes enquêtes réalisées ces derniers temps le place en deuxième sinon en troisième position pour l’élection présidentielle de 2012. Ainsi, il en devient contesté comme leader naturel de la majorité et candidat à sa succession. En effet, s’il arrivait troisième, ce serait la première fois que le Président sortant n’arrive pas à se hisser au second tour.

On parle ces derniers jours d’un risque d’implosion de l’UMP. C’est en effet un risque. Mais, cela peut également créer un réflexe de survie. Ainsi, une stratégie afin de resserrer les rangs derrière l’actuel locataire de l’Elysée face aux différents périls peut donc apparaître en arrière-plan.

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