Après la côte d’Azur et les Etats-Unis, les Tuche débarquent à l’Elysée. Ainsi, misant sur le décalage entre cette famille loin d’être ordinaire, mais plutôt archicaricatural, et le pouvoir, Les Tuche 3 mérite-t-il d’être le succès du moment ?

Alors qu’il se réjouit de l’arrivée du TGV dans son village de Bouzolles, Jeff Tuche constate amèrement qu’il ne fait qu’y passer. Déçu, il tente de joindre l’Élysée, sans succès. Alors, il décide de se présenter à l’élection présidentielle. Profitant de circonstances politiques improbables, Jeff Tuche devient Président de la République. Lui et toute sa famille vont s’installer à l’Élysée.

Les Tuche 3 permet d’être un festival Jean-Paul Rouve, parfait dans ce rôle de beauf. En effet, le film ne se concentre quasi-exclusivement sur le personnage de Jeff Tuche. Il ne doit pas y avoir plus de 2 minutes consécutives sans Jean-Paul Rouve. Dès lors, les autres acteurs n’ont que des miettes. Isabelle Nanty a quelques éléments et une intrigue trop longue sur le cuisinier et les frites. Claire Nadeau, devenue une mamie Suze métalleuse et parlant sans doute une langue scandinave, ne présente pas véritablement d’intérêt. Sarah Stern aurait pu avoir une intrigue plus développée et moins convenue. Pierre Lottin est réduit à faire de la quasi-figuration. Théo Fernandez, le futur Gaston Lagaffe, a une histoire inintéressante et reviens dans le scénario principal de manière abrupte. Philippe Magnan est à son aise dans son rôle d’ancien chef de l’Etat comme Scali Delpeyrat en sous-fifre. Mais, toute cette brochette de comédiens est étouffée par l’omniprésence de Jean-Paul Rouve.

Le scénario n’est clairement pas ce qui donne envie de voir le film. Il n’est pas cohérent, et ce n’est pas ce qu’on lui demande. Son seul objectif est de donner le beau rôle à Jean-Paul Rouve. Toute situation est à l’avantage de Jeff Tuche. De plus, si certaines idées sont bien trouvées, d’autres auraient pu être mieux ou plus travaillées comme le dîner chez Angela Merkel ou la romance entre Stéphanie Tuche et Barna Bé. De même, l’accession à l’Élysée de Jeff Tuche aurait pu être moins farfelue, sans être moins drôle. Enfin, des passages sont redondants et perdent de leur côté amusant, surtout quand ils sont trop longs. On retrouve pour autant l’effet Tuche dans un univers qui n’est pas le leur. Ce décalage est tantôt amusant, tantôt lourd.

Dès lors, Olivier Baroud signe avec Les Tuche 3 un film à sketchs plutôt qu’une véritable comédie un peu travaillée. Il manque suffisamment d’éléments pour en faire un véritable moment où l’on rit du début à la fin. Là, on enchaîne entre des rires, des moments où l’on dit que « c’est du n’importe quoi » ou « c’est lourd ». C’est dommage car l’idée de départ aurait pu donner lieu à une bonne comédie.

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