Ces dernières années, la réglementation s’est considérablement enrichie et renforcée dans le secteur financier, et en corollaire les sanctions portées par les régulateurs sont de plus en plus importantes. Depuis 2009, le Boston Consulting Group estime à 321 milliards de dollars le montant des sanctions financières prononcées contre les banques. Dans ce contexte, des start-up facilitent le respect des réglementations : les regtech.

Alors que les coûts de mise en conformité sont de plus en plus importants, ces nouvelles technologies présentent un intérêt certain. En effet, elles se démarquent des grands éditeurs par des technologies basés sur les données. Ainsi, plusieurs sociétés  proposent une solution permettant de croiser des prospects aux coûteuses listes Gel des avoirs et PPE via une API. L’organisme n’a plus qu’à brancher la solution à ses outils d’aide à la vente. Par rapport à l’achat des listes et le développement ou l’acquisition d’un outil, l’organisme répond à une obligation réglementaire mais avec un coût moindre.

Mais, la mise en conformité englobe aussi d’autres segments comme la gestion du risque, la détection de fraudes ou encore la surveillance de marché. D’autres sociétés permettent d’optimiser la gestion du risque et le reporting au régulateur, permettent d’exploiter et d’analyser facilement de grands volumes de données, de créer des rapports et graphiques et de construire des simulations et des alertes en temps-réel.

Ces regtech constituent un élément de réponse intéressant face au tsunami réglementaire. Néanmoins, elles modifient aussi les métiers des risques et de la conformité. En effet, au-delà d’une méthodologie, d’une connaissance du cadre réglementaire, de l’environnement et de l’entreprise, ces métiers s’orientent désormais vers de nouveaux horizons. Ainsi, il faut désormais rédiger des spécifications, procéder à des recettes, faire des analyses de données, croiser des résultats.

Ces métiers doivent embrasser la science des données, ou data science. Ces travaux nécessitent une expertise largement pluridisciplinaire dans les domaines scientifiques, méthodologiques, des outils logiciels et des compétences en matière de droit des données, et de maitrise des aspects éthiques et sociaux, confidentialité, anonymisation, sécurité liés à certaines données (données personnelles et de santé notamment). Cette pluridisciplinarité peut être aisément portée par des métiers par nature pluridisciplinaire. Un lien nouveau va ainsi se nouer entre les risques et la conformité et les métiers liés à la donnée ou data.

De ce fait, les regtech permettent une industrialisation de certaines tâches des métiers des risques et de la conformité. Ils induisent aussi une montée en compétence, un renforcement de leur pluridisciplinarité. Dès lors, ces métiers peuvent prendre une part croissante non seulement parce que la réglementation l’impose, mais parce qu’ils deviennent un rouage essentiel, sinon indispensable de l’organisation.

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