Découvert grâce à L’artiste des dames, Edouardo Mendoza est l’un des mes écrivains préférés. Je suis toujours curieux des aventures de son détective fou. Ainsi, j’ai lu Le mystère de la crypte ensorcelée, Le labyrinthe aux olives, ou encore La grande embrouille. Ici, je découvre sa dernière enquête avec Les égarements de mademoiselle Baxter. Ce roman est-il au niveau de mes attentes ?

Ainsi, le détective fou cher à Edouardo Mendoza est mordu par un chien dans un jardin de Barcelone. Cette agression ramène à sa mémoire une aventure vieille de trente ans, alors qu’il était, comme d’habitude, enfermé dans un asile. A l’époque, des hommes se réclamant d’un commissaire de police étaient venus le chercher pour lui confier une mission : ramener à sa propriétaire un petit chien perdu dans un jardin. Sa mission accomplie, le détective avait été arrêté et accusé d’avoir assassiné dans ce même jardin une apprentie mannequin. Ayant échappé à la police, il mène l’enquête.

Eduardo Mendoza renoue avec la veine des premières aventures de son personnage fétiche. Comme autrefois, son narrateur est peut-être fou, mais ses pérégrinations et sa logique poussée à l’absurde sont toujours aussi drôles. On apprécie de le retrouver. Il est entouré ou confronté pour son enquête de personnages improbables comme la senorita Westinghouse, le concierge d’un immeuble, la gérante d’un restaurant et bien sûr sa soeur Candida. On regrette que le rôle du célèbre commissaire Florès soit réduit à la portion congrue. On note que le fameux docteur Sugranes qui sert souvent de prétexte à tout mensonge du détective n’apparait pas.

Comme autrefois, on y parle de Barcelone, une ville si chère à son auteur. On se moque de certains de ses aspects, on dénonce des combines, on fait une critique sociale grinçante. Sauf que la critique est bien légère. L’auteur évoque une haute société sans scrupules pariant d’abord sur l’effondrement touristique de la ville puis sur sa prospérité. Il y a quelques piques à l’encontre des fanatiques indépendantistes catalans. Et puis, la critique s’arrête là. On avait lu un Edouardo Mendoza plus en verve sur sa perception de la société barcelonaise ou son analyse géopolitique.

Mais, l’histoire policière est moins réussie que d’habitude. Elle n’avance qu’à grands coups de coïncidences. Le détective fou ne semble en aucun cas mener la danse par ses réflexions aussi justes qu’absurdes ou par ses agissements étonnants et déroutants. Au contraire, il est embarqué dans les différentes péripéties sans qu’il n’ait aucune prise. Aussi, le rythme est haché en deux temps. D’abord, il y a l’enquête à proprement parler concernant le meurtre de mademoiselle Baxter. Puis, quelques années plus tard, par pur hasard, notre anti-héros se voit amener à démêler les fils inextricables du meurtre. Dès lors, il se crée un sentiment de déception quant au fin mot de l’histoire.

Les égarements de mademoiselle Baxter est un livre très plaisant à lire. On apprécie de découvrir cette enquête amusante et loufoque, menée par notre détective improbable, avec sa vision des choses décalée. Le livre se lit facilement. Mais, s’il apparait qu’il n’est pas le meilleur de la série, il reste un polar parodique bien mené et fort divertissant. Vivement la prochaine enquête du détective fou.

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