L’éducation en échec scolaire

Les enseignants ont massivement fait grève hier pour dénoncer la dégradation de l’école et les suppressions de postes. Pour la première fois, le privé était uni au public traduisant un profond malaise au sein de l’Éducation nationale. Il faut remonter à 1984 pour trouver une mobilisation d’envergure du privé contre le projet de loi de la gauche sur le passage de l’école privée au sein du service public d’enseignement.

L’école va mal en France. Elle est pourtant l’un des piliers de notre République. Mais, depuis plusieurs années, une implacable logique comptable mêlée à des réformes successives et inefficaces lui ont terriblement nui. Dès lors, la France est régulièrement mal classée en ce qui concerne la maîtrise de l’écriture, de la lecture et du calcul. 150 000 jeunes sortent du système sans diplôme chaque année. Le degré de découragement atteint aujourd’hui du côté des enseignants et du côté des parents à l’école est le plus profond que l’on n’ait jamais atteint.

Alors, il est navrant qu’une nouvelle fois le monde enseignant soit attaqué par le chef de l’Etat qui relativise ce mouvement. Non, le devoir du chef de l’Etat n’est d’abord de penser aux ouvriers, aux salariés et aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l’Etat. Le devoir du chef de l’Etat est d’assurer l’avenir du pays, et la clé de cet avenir est notre éducation.

Cette année, comme depuis quatre ans, on n’a recruté que la moitié des postes des enseignants qui partaient à la retraite. Dans l’enseignement secondaire, 16 000 ou 17 000 enseignants partaient à la retraite. On a donc créé 8 000 à 8 500 postes. Sur ces 8 500 postes, il y en a 1 000 qui n’ont pas été attribués par constat des jurys, parce qu’il n’y avait pas les candidats au niveau.

François Bayrou, bien que très attaché à la question de la dette, propose depuis longtemps de sanctuariser l’Éducation nationale. Ainsi, il souhaite créer 16 000 postes « mais ça ne veut pas dire que la cohorte des candidats sera plus formée, capable, qu’au niveau de cette année, puisqu’il y en 1 000 que l’on n’a pas réussi à livrer. Alors l’idée qu’au lieu de 16 000, il en faudrait 24 000 l’an prochain, c’est ça l’idée que défende certains, c’est une idée mensongère, ce n’est pas parce que vous mettrez 80 000 postes de recrutement l’an prochain que vous auriez plus de 8 000 candidats capables puisqu’ils n’étaient pas là cette année. » a expliqué François Bayrou.

La question de l’attractivité du métier mérite d’être posée. Il faut résoudre la question d’une Nation qui soutient ses enseignants, et son École. C’est donc un véritable projet pour l’Éducation nationale qui doit être porté au sommet de l’État. Or, il y avait une volonté de démocratiser le savoir. Depuis, notre Éducation nationale n’est plus considérée comme une priorité nationale, mais comme un mammouth arc-bouté sur ses avantages et qui devrait s’en satisfaire.

Or, dans la compétition internationale, l’Éducation est une pièce maîtresse. Certains comme les Chinois l’ont bien compris. Soutenir un véritable projet pour l’École c’est préparer notre avenir. On assure une capacité de création, d’innovation, et donc de croissance et de développement économique.

Jérôme Charré

Cette entrée a été publiée dans France, Mouvement Démocrate, avec comme mot(s)-clef(s) , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.