Le Sénat passe à gauche, et ensuite ?

Hier, les délégués des conseils municipaux, les conseillers généraux et régionaux et les députés étaient appelés aux urnes pour renouveler à moitié le Sénat. Il est désormais certain que la majorité sénatoriale est désormais à gauche. Ce n’est pas la première fois que cela se produit.

Comme le rappelle très justement Laurent de Boissieu sur son blog, le Sénat n’a pas été exclusivement de droite depuis 1958. En effet, de 1959 à 1968, son président Gaston Monnerville était membre du Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste (PRRRS). Ensuite, jusqu’en 1974, le Sénat était présidé par le centriste Alain Poher, un centre d’opposition aux gaullistes, qui se rangea dans la majorité avec l’élection de Valéry Giscard d’Estaing.

Cependant, cette alternance au Sénat corrige toutes celles et tous ceux qui considéraient cette Assemblée comme une anomalie démocratique. Certains ironisaient que quand la gauche perd, elle perd tout alors que quand la droite perd tout, elle garde le Sénat.

Toutefois, hier, une véritable alternance s’est produite au Sénat. Celle-ci s’explique par un renouvellement plus important que précédemment. Jusqu’en 2008, le Sénat était renouvelé par tiers tous les trois ans. Puis, ayant décidé de réduire la durée de leur mandat de 9 à 6 ans, le Sénat est désormais renouvelé par moitié. Les évolutions de la composition du collège électoral se ressentent donc plus fortement.

En 2008, les élections municipales ont particulièrement réussi à la gauche. Cela s’est donc répercuté au sein des grands électeurs. Aussi, les réformes affectant les collectivités locales lancées par le gouvernement n’ont pas satisfait les élus. La droite s’est montrée particulièrement divisée à ces élections. Enfin, les affaires ont du pesé sur le choix des grands électeurs.

Aussi, ce n’est pas parce que la gauche est devenue majoritaire au Sénat qu’elle gagnera l’élection présidentielle.. Entre 2002 et 2007, elle avait remporté tous les scrutins intermédiaires, mais cela ne l’a pas empêché de perdre l’élection présidentielle. En 2012, aurons-nous le même scénario ?

Maintenant que le Sénat a basculé, cela ne va pas être simple à gérer. Entre obstruction systématique et opposition constructive, il faudra choisir. Si la gauche ne sait pas profiter de sa nouvelle majorité sénatoriale, elle fera un beau cadeau à l’UMP.

Jérôme Charré

Crédits photo: Jackintosh sur Wikimedia

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