Le régime intenable de la Grèce

Dans un rapport rendu public fin août, la commission de contrôle de la dette grecque estime qu' »une augmentation importante de la dette, un grand déficit de départ et une profonde récession ont poussé à l’extrême la dynamique de la dette qui est maintenant hors de contrôle ».

Hors de contrôle ? La Grèce s’est vu contrainte de procéder à un régime Dukan où seule la rigueur est permise. Mais, qu’importe, les obligations à un an procurent un rendement de plus de 70% : jamais de tels niveaux n’avaient été atteints par un émetteur souverain. Autant dire que le plan de sauvetage accordé à l’arraché par ses partenaires européens semble plus que compromis.

Suite aux derniers soubresauts, la troïka composée du Fonds Monétaire International, de la Banque Centrale Européenne et de la Commission Européenne a  quitté la table de négociations préparatoires au paiement d’une nouvelle tranche de  huit milliards d’euros à la Grèce.

La récolte fiscale est moins aisée qu’espérée. Les efforts restent vains. De même, la cession d’actifs ne se concrétise pas. Dès lors, si la Grèce n’arrive pas à récupérer des ressources, aucun plan de rigueur n’est viable. Et on ne voit pas pourquoi, dans ses conditions, l’Union européenne aiderait une Grèce, qui non seulement est en situation délicate, mais qui ne semble pas en mesure de vouloir s’en sortir.

Les dirigeants grecs semblent de bonne volonté face à la menace d’une faillite du pays. Toutefois, le peuple grec ne paraît avoir pris la mesure de l’enjeu. Il est, en effet, plus facile de s’en prendre à l’ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, aux marchés… plutôt de prendre collectivement les choses en main.

On a le triste sentiment que la Grèce compte sur le fait que l’Union européenne ne peut se permettre de l’abandonner. La solidarité européenne, que je juge indispensable, ne peut se faire sans un effort partagé. On comprend ainsi mieux la défiance de nos voisins allemands à lancer les fameuses euro-obligations.

En attendant, le périple grec contre la dette ressemble à la condamnation de Sisyphe fut condamné à faire rouler éternellement un rocher jusqu’en haut d’une colline dont il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet pour avoir osé défier les dieux. A force de défier l’Union européenne, que risque la Grèce ? Que risquons-nous ?

Jérôme Charré

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