L’âge du capitaine

Selon le rapport médical signé par le professeur Olivier Lyon-Caen et remis vendredi au juge Pauthe et au parquet de Paris, Jacques Chirac depuis plusieurs mois d’anosognosie. Il s’agit de l’un des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Le patient n’a pas conscience de ses problèmes neurologiques. Ainsi, il oublie qu’il oublie.

Dès lors, Jacques Chirac n’ira sans doute pas à son procès, qui s’ouvre ce lundi 5 septembre pour l’affaire des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris. Il demande à être représenté par ses avocats. Mais, il souhaite que son procès aille à son terme.

Pour certains, comme l’association Anticor, partie civile cette annonce est une manoeuvre de dernière minute afin que Jacques Chirac ne comparaisse pas devant le tribunal. D’autres s’interrogent sur le sens et l’équité d’un procès sans l’ancien maire de Paris.

En ce qui me concerne, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’une manoeuvre. On a vu ces dernières semaines, un Jacques Chirac visiblement affaibli. Un report du procès serait mal venu et considéré quelque part comme une forme d’amnistie.

Avec ce procès inédit d’un ancien Président de la République, on peut finalement s’interroger sur la pertinence de juger des faits bien après qu’ils auraient eu lieu. En effet, la procédure a été interrompue pendant ses deux mandats.

Une affaire judiciaire où figure un Président ou un ancien Président de la République n’est pas une affaire comme les autres. Il faudrait donc, à mon sens, réfléchir sur cette particularité.

Jérôme Charré

Crédits photos: Eric Pouhier

 

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