Lorsque j’ai repris mon blog, il y a quelques jours, je vous ai évoqué que parmi mes projets, il y a l’écriture d’un roman. Jusque récemment, je m’étais limité au premier chapitre. J’ai encore un peu de mal à me remettre à l’ouvrage. Le manque de temps est une fausse bonne raison. En fait, ce qui m’empêche de poursuivre sa rédaction est que j’ai énormément de mal à parler de moi. Or, tout premier roman est l’émanation de ce que l’on est. Et c’est sans doute cela qui me bloque.

Pourtant, ce n’est pas l’envie qui m’en manque. J’ai évoqué rapidement ce projet de roman à une collègue de travail. Elle a eu l’idée générale sans le contenu. Plus récemment, en lisant la note de The Célinette sur les étapes difficiles qu’elle a connu, cela m’a fait penser à ce que j’ai pu également connaître comme épreuves de la vie.

La dernière épreuve que j’ai connue a été sans nul doute la plus lourde à porter et à surmonter. Je ne la détaillerai pas ici, je ne m’en sens pas encore capable ici. Mais, il est certain que je ne souhaiterai pas à mon pire ennemi de connaître ce que j’ai vécu. La soudaineté de l’événement, ses diverses conséquences ou encore la longue attente avant que ça se termine définitivement m’ont non seulement marqué. Elles m’ont affecté et transformé. Si je suis tel que je suis aujourd’hui, avec certains traits de caractère qui ont été accentués ou d’autres qui, eux, ont été enfouis, cela vient de là. Heureusement, mon travail m’a permis de me consacrer à autre chose et quelque part m’a sauvé. Mes amis étaient aussi présents quand il le fallait, ni trop, ni pas assez. Cela n’a pas du être évident pour eux. Ma famille a été chamboulé, sous plusieurs aspects. Moi qui n’était pas très famille auparavant, ça n’a pas arrangé les choses. Néanmoins, je sais qu’elle est là si j’en ai besoin, et inversement, j’espère qu’ils savent que je peux être là au besoin.

Une personne que j’apprécie beaucoup m’a dit qu’elle était fière de mon parcours et que j’étais un exemple. Une autre personne qui m’a vu évoluer m’a dit que j’étais un modèle à suivre. Modeste de nature, je les ai remercié mais ça m’a mis mal à l’aise à chaque fois. Pourtant, après réflexion, je ne sais pas si je peux être un exemple ou un modèle tant ma vie est peu comparable. Lorsque je raconte que j’ai vécu dans un quartier populaire (La Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois), il y a toujours de la part de mon interlocuteur une surprise, sinon un doute. Pourtant, c’est bien vrai. Et j’ai connu, avec ma famille, bien des difficultés, plus ou moins communes à bon nombre de personnes. Mais, elles ont forgé mon caractère, ma vision et ma perception du monde, ma façon d’être.

En partant de ces bases, il y avait deux grandes options. Soit, j’aurai pu prendre le mauvais côté de la route comme beaucoup dans de pareilles circonstances. Soit, je pouvais, au contraire, en tirer une force intérieure pour avancer. C’est le deuxième choix que j’ai pris. Bien sûr, le parcours n’a été une promenade de santé. Il y a eu quelques à-coups, de mon fait ou non. Mais, le fait de m’investir dans mes études, mon travail et mon engagement et de nourrir le travail de l’engagement et inversement ont aidé. Aussi, ma curiosité, mon envie d’appendre et de bien faire, ma capacité à me remettre en question ont aussi contribué. Enfin, il y a incontestablement – et ça peut être étonnamment vu les données de départ et les événements – un facteur chance. Comme quoi, ça peut se provoquer en sa faveur.

Pour autant si je me satisfait de plusieurs aspects de mon parcours, notamment professionnel, il y a des éléments qui me me manquent ou qui font défaut pour être pleinement épanoui. J’aime mon métier, j’y retrouve et je peux appliquer comme démarche ma vision des choses et comment je percevais mon engagement. Je considère que j’ai des amis et connaissances formidables sur qui j’ai pu et je peux compter dans les moments difficiles. J’ai des projets intéressants à court et moyen terme. Mais, il y a une sensation étrange alors que je suis bien entouré et me dit-on presque toutes les qualités du monde. Tant que ce vide ne sera pas comblé, plutôt compensé, cette sensation persistera. Je ne me donne peut-être pas tous les moyens pour y remédier. Dès lors, je ne me permettrai pas de donner des conseils pour surmonter les épreuves de la vie. Tout ce que je pourrai dire est que ce sont les épreuves qui nous construisent tout autant que les succès, que rien n’est écrit à l’avance et que l’on peut créer son facteur chance.

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