Depuis les dernières élections municipales, je me suis mis en retrait de l’actualité et la vie politique aulnaysienne. Pour autant, je suis des plus perplexe sur le projet porté et les actions menées par la municipalité depuis 2014. Je n’y vois pas de fil conducteur, et pire aucune vision d’ensemble. Mais, je me donnerai sans doute l’occasion de m’exprimer là-dessus. En effet, il y a un sujet qui m’inquiète plus fortement : l’utilisation de la justice pour brimer la liberté d’expression locale.

J’ai appris la fermeture du blog local Aulnay Autrement de Laurent Comparot. Celui-ci est usé par ce qu’il considère comme du harcèlement judiciaire. D’autres blogs locaux aulnaysiens ont fait et font encore l’objet de multiples procédures, des associations également. Ce qui me pose problème est qu’à chaque fois, le maire utilise la protection fonctionnelle et utilise les fonds de la commune pour lancer des procédures judiciaires.

Or, dans toutes les affaires opposant le maire à des blogueurs ou des associations, nous ne sommes pas dans l’atteinte à la fonction du maire, à son intégrité, sa dignité ou sa probité, mais dans la contradiction politique. Dès lors, est-il normal d’utiliser un droit républicain et des fonds publics pour faire la chasse à des opposants et les faire taire ?

Cela peut s’avérer un procédé efficace à l’usure. En effet, même si le plaignant ne remporte pas une manche, il saisit à sa guise toute occasion pour essayer de faire abandonner son adversaire. Ce n’est pas grave car ce ne sont des fonds personnels qui sont engagés.

Pour ma part, cette pratique est plus que détestable. En effet, la réponse judiciaire aux frais du contribuable (je croyais que notre ville n’avait plus d’argent) ne doit reposer que sur des faits qui nuisent ou menacent véritablement la personnalité et la fonction de l’élu en ce qu’elle est ou ce qu’elle représente. Or, l’employer parce qu’on n’a pas d’argument valable constitue pour ma part une faiblesse.

L’usage de la justice pour restreindre la liberté d’expression locale est une faiblesse aux mains de ceux qui, parce qu’ils ont gagné une élection, s’estiment comme seuls à avoir la vérité. Or, notre démocratie repose sur l’expression des majorités mais aussi la défense des minorités. Gagner une élection, ce n’est pas avoir la vérité envers et contre tout. Gagner une élection, ce n’est pas décider seul au détriment des autres. Gagner une élection, ce n’est pas être supérieur à ses adversaires.

Lorsque l’on remporte une élection, cela dépend toujours d’un contexte local et, depuis 2008 à Aulnay-sous-Bois, national. Il faut rappeler que les Aulnaysiens ont été plus que mécontents de l’action de la précédente majorité. Les habitants du nord se sont sentis trahis, quant à ceux du sud, ils ont été meurtris par ce qu’on voulait faire de leur cadre de vie. Ces deux ressentiments ont permis la victoire de la droite locale. Il ne faudrait pas l’oublier.

Dès lors, au lieu d’encombrer la justice et de puiser dans le budget communal, il est plus que souhaitable que les décideurs locaux retrouvent la sérénité de pouvoir répondre argument contre argument à leurs adversaires ou contradicteurs.

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