Innocent, mais réparant quand même un préjudice

media_xl_3848541« Tout homme est présumé innocent, jusqu’à ce qu’il soit jugé coupable » est le principe fondamental de la présomption d’innocence.

Or, l’accord financier établi entre la Ville de Paris d’une part et Jacques Chirac et l’UMP d’autre part pour l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris me laisse un sentiment étrange.

D’abord, la date du procès de l’ancien chef de l’Etat a été fixée au mois de mars 2011. Pour l’heure, Jacques Chirac est donc toujours considéré comme innocent. Dès lors, il est des plus surprenants qu’un innocent accepte ou propose un arrangement financier pour un acte qu’il n’a pas commis.

Ensuite, le fait que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ait accepté de faire passer cet arrangement au Conseil de Paris pour récupérer 2,2 millions d’euros est, comme le dit le conseiller de Paris (MoDem) Jean-François Martins, un renoncement et une régression civique.

Enfin, concernant cette somme, dans un signe de réconciliation avec les chiraquiens, ou au minimum par respect pour l’ancien locataire de l’Elysée, l’UMP qui a repris les actifs du RPR en 2002, « prendra en charge » 1,65 million d’euros. Jacques Chirac réglant lui 550 000 euros. En effet, l’UMP est financée grâce au nombre de parlementaires rattachés et aux voix obtenus lors des élections législatives, et donc par l’argent public.

Ainsi, ce sont l’ensemble des contribuables français qui vont rembourser trois quarts d’une somme pour réparer un préjudice aux contribuables parisiens alors que le procès n’a pas encore eu lieu. Ne nous étonnons pas que les Français n’aient plus confiance non pas en la politique, mais en ceux qui la font.

Jérôme Charré

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