François Bayrou: 2012, État d’urgence

En 2001, François Bayrou évoquait la Relève. En 2007, il portait un Projet d’espoir. En 2009, il dénonçait l’Abus de pouvoir. En 2011, il évoque l’Etat d’urgence.

A chaque ouvrage, dans un langage accessible à tous, François Bayrou défend la même vision de la France. A chaque fois, il analyse avec justesse la société française. Même plusieurs années après, ses ouvrages sont toujours d’actualité. Plus encore aujourd’hui qu’en 2001, la France a besoin d’une génération nouvelle de femmes et d’hommes politiques. Plus encore aujourd’hui qu’en 2007, nous devons bousculer les vieux clivages pour sortir de la crise que nous connaissons. Plus encore aujourd’hui qu’en 2009, nous devons tout mettre en oeuvre pour avoir une véritable séparation des pouvoirs.

Ici, dans 2012 Etat d’urgence, François Bayrou livre une analyse consécutive aux précédentes. Malheureusement, la situation a évolué. Elle s’est même aggravée. Le déficit public est passé de 70 à 140 milliards d’euros, dont seulement 30 milliards causés par la crise. La dette atteint les 1 700 milliards d’euros. Notre commerce extérieur a un déficit de 75 à 80 milliards d’euros.

Ainsi, comme en 2007, François Bayrou considère essentiel, sinon indispensable que nos finances reviennent à l’équilibre. Il considère que la France ne pourra être crédible si nous devons faire appel au FMI. Vu la situation alarmante, s’inspirant de l’Allemagne qui était en difficulté il y a une dizaine d’années et qui est désormais le modèle à suivre, François Bayrou considère que l’élection présidentielle peut permettre de dégager une majorité nouvelle qui pourra se mobiliser dans cet état d’urgence.

Pour lui, ni la majorité actuelle au pouvoir depuis 2002, ni l’opposition ne pourront mener à bien ce projet d’urgence nationale. L’UMP et ses vassaux a trop sacrifié à l’injustice sociale et fiscale et à la désignation de boucs émissaires. Le PS et ses satellites ont tout donné à l’irréalisme. Il faut donc une majorité du courage pour se concentrer aux causes, et non aux symptômes du mal français actuel.

Alors que l’actualité amène enfin certains à se préoccuper de notre déficit chronique, François Bayrou s’intéresse à ce qui nous fait défaut pour surmonter cette épreuve: la production et l’éducation.

Ainsi, il fait de nombreuses propositions pour que la production revienne sur le territoire national d’une part et pour que nous retrouvions l’une des meilleures éducation du monde.

En ce qui la concerne la production, il explique que nous devons soutenir nos points forts comme le tourisme, l’aviation, la pharmacie, aider les points en fragilité comme l’agriculture et reconquérir les espaces où nous existons plus. Il explique que la France a une image de marque aussi forte que son voisin allemand. Prenant deux exemples comme Bleu Forêt ou le fabricant de panneaux routiers Signature, et comparant notre situation à l’Allemagne, François Bayrou explique qu’il est possible de produire en France. Cependant, il faut aider au développement des moyennes entreprises et relancer la marque France pour les consommateurs nationaux. Le « produire en France » permettra d’inverser notre balance commerciale et donc ramènera des recettes fiscales. A cela, s’ajoute, explique François Bayrou, un transfert de la fiscalité afin de ne pas pénaliser le travail.

En parallèle du produire en France, François Bayrou évoque l’école qu’il estime désenchantée, et même démoralisée. Comme en 2007, l’école doit être sanctuarisée. Il juge sévèrement la politique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux au sein de l’éducation. Il veut retrouver l’école, telle qu’on la percevait encore il y a quelques années: une école qui donne à chacun les clés de sa réussite et de son épanouissement. Il considère que le décrochage de la France au classement mondial est plus qu’inquiétant. Or, l’éducation est ce qui permet de préparer l’avenir de la nation. Pour cela, il souhaite associer le plus grand nombre à une véritable réflexion sur le sujet.

Ainsi, François Bayrou livre une réflexion intéressante non seulement sur la situation de la France, mais aussi il affine également le projet de société qu’il porte depuis plusieurs années. Ce n’est pas encore un acte de candidature, ni un programme. Mais l’esquisse de la voie qui pourrait être celle de la France dans les prochaines années.

Jérôme Charré

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Un commentaire à François Bayrou: 2012, État d’urgence

  1. JOSY dit :

    sarko tend un piège aux partis politiques pour qu’ils soutiennent une règle d’or un peu tardive ! Mastricht prévoyait un équilibre budgétaire et Sarko a plus que doublé le déficit entre 2007 et aujourd’hui , faisant des cados aux plus nantis alors que le pays était déjà en difficulté ! approuver cette règle d’or sans conditions est une erreur surtout si les plus faibles doivent souffrir encore de la rigueur , les budgets des personnes en grande difficulté ont déjà été réduits sans que les riches ne soient mis à contribution ! je n’approuve pas mr Barou et je ne revoterai pas pour lui : restreindre les budgets sociaux? LE LOGEMENT SOCIAL et quoi encore ? Bayrou ne me plaît plus du tout …