Après les 2 Babysitting et Alibi.com, La Bande à Fifi revient avec Epouse-moi mon pote. Ici, c’est Tarek Boudai qui passe pour la première fois à la réalisation. Le film et son réalisateur sont l’objet d’un bad buzz car il véhiculerait des stéréotypes homophobes, sinon il il promouvrait l’homophobie. Qu’en est-il ?

Epouse-moi mon pote raconte l’histoire de Yassine, étudiant marocain en architecture, qui échoue à son concours et qui se retrouve en situation irrégulière. Après avoir cherché différentes solutions, il demande à Frédéric, son meilleur ami, de l’épouser. Tout semble aller pour le mieux, mais les deux compères vont avoir sur le dos l’intraitable inspecteur Dussart qui va avoir à coeur de vérifier s’il ne s’agit pas d’un mariage blanc.

Le mariage entre Yassine et Frédéric est l’élément déclencheur de toutes les autres situations qui s’ensuivent. Nos protagonistes sont entraînés sans véritable maîtrise dans leur propre piège. Ainsi, Yassine et Frédéric doivent face à la ténacité de l’inspecteur Dussart, à la coopération contrainte de Lisa, au caractère revanchard de Claire et au double jeu de Stan. Les deux mariés essaient donc tant bien que mal de se sortir dans la galère dans laquelle ils se sont embarqués et dans laquelle ils entrainent leurs connaissances.

Dans cette comédie, le scénario n’est pas des plus fins. Mais, il est dans la même veine que les autres films de La Bande à Fifi. Il s’agit d’une trame générale qui sert surtout à amener, sinon enchainer les gags et quiproquos. Les films de La Bande à Fifi, parmi lesquels Epouse-moi mon pote, font parmi de ces films qu’on regarde entre amis pour se détendre sans vraiment prendre le temps de la réflexion.

Les gags sont assez inégaux. Certains sentent le réchauffé comme celui du chien. D’autres sont assez efficaces. Et enfin, il en reste qui décroche quelques sourires. Les dialogues collent assez bien aux situations, même si parfois ils semblent déconnectés du reste. On n’est pas au même niveau qu’Alibi.com pour la construction ou Babysitting pour les enchaînements de gags, mais l’ensemble tient plutôt bien la route.

Le casting est assez réussi. Aux côtés de Tarek Boudali et Philippe Lacheau, on retrouve les clins d’oeil de Julien Arruti, et la pastille d’Yves Pignot, le beau-père de Tarek Boudali dans la série En famille. Charlotte Gabris semble étouffée par les deux acteurs principaux. David Marsais colle bien à Stan, le dirigeant du cabinet d’architecture. Andy Raconte parait à l’aise pour ses débuts au cinéma. Zinedine Soualem et Nadia Kounda sont peu utilisés. Baya Belal est très efficace. Enfin, Philippe Duquesne est l’atout de cette comédie en incarnant l’inspecteur Dussart.

Epouse-moi mon pote n’échappe aux stéréotypes. Les deux compères pour paraître crédibles en homosexuels vont dans le Marais. Ils s’habillent de manière identique après une séquence à la Pretty Woman. Ils vont dans une boîte gay et participent à un concours de danse. Mais, d’autres stéréotypes que ceux concernant les homosexuels figurent dans le film. Nous avons par exemple l’inspecteur qui a forcément fait la légion, le caïd de cité qui ne s’assume pas, la mère marocaine qui prépare du couscous et qui doit annoncer au monde entier le mariage de son fils.

Alors, oui, Epouse-moi mon pote collectionne les stéréotypes et pas nécessairement de la meilleure manière. Mais, le film n’a pas vocation autre que de faire rire par ces gags et quiproquos plus ou moins bien travaillés. Il me paraît pas avoir une portée revendicative pour ou contre une communauté. Il faut laisser le film dans son rôle : être une comédie. Même s’il est inégal, l’objectif est atteint.

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