Des élections favorables aux anciens

marianne.jpgLes 20 et 27 mars prochains, les Français procéderont au renouvellement partiel de leurs conseillers généraux. La moitié des cantons sont dit renouvelables. Pour la première fois depuis 1994, les élections cantonales ne sont pas liées à d’autres élections. Enfin, tout le monde a les yeux rivés sur l’élection présidentielle de 2012.

On parle ainsi d’élections intermédiaires car les enjeux politiques ne sont pas majeurs. Il ne devrait pas y avoir de grands bouleversements au soir du 27 mars.

Dès lors, les partis politiques auraient pu en profiter pour lancer de nouveaux visages: que ce soit des femmes, des jeunes ou de nouveaux venus en politique. Rien de cela, la prime est comme trop souvent en France au sortant et au cumulard.

Les profils nouveaux sont proposés dans des cantons considérés comme perdus d’avance. Ainsi, en Seine-Saint-Denis, l’UMP investit des femmes dans des cantons qui se jouent entre PS et PCF et de son côté le PS investit de nouveaux profils dans des cantons acquis à la droite.

A Aulnay, il n’y a aucune candidate, elles sont toutes suppléantes. Le choix de la suppléante se fait uniquement pour donner un visage à une cible électorale. Elle sert ainsi de faire-valoir au candidat.

Pour ma part, je regrette ce manque d’innovation et ces vieilles recettes. Mais, il faut noter que ces élections cantonales ne sont pas les élections les plus faciles pour un ou une candidate. D’abord, comme je l’indiquais au-dessus, elles n’ont pas d’incidence notable sur la vie du pays, contrairement à l’élection présidentielle qui aura lieu dans un an. Tous les médias évoquent 2012 et occultent complètement les élections cantonales. Ensuite, dans ce contexte, il est difficile d’intéresser les citoyens aux missions du conseil général. La situation économique et sociale actuelle est telle que ce qui est fait pour les collèges ou l’aide sociale n’est pas suffisamment considéré. Enfin, selon les cantons et leur dimensionnement, l’élection peut se jouer sur l’aspect local si le canton correspond à une ville ou une partie de ville ou des aspects plus éloignés s’il regroupe plusieurs communes. Alors, on mise sur des valeurs sûres. Valeur sûre qui ne sont pas les plus prompts à dynamiser les choses car il est préférable de ne pas trop changer les rapports de force.

La réforme territoriale qui fera élire des conseillers territoriaux, qui siégeront au conseil régional et général, au scrutin uninominal, comme les conseillers généraux d’aujourd’hui. Ainsi, au nom du lien entre l’élu et le territoire qui peut se comprendre, on enlève la possibilité d’une représentation pluraliste des courants politiques au sein des collectivités territoriales et on hypothèque surtout la possibilité de mettre en avant de nouveaux visages. La prime sera une nouvelle fois aux sortants et aux barons au détriment des femmes et des jeunes.

Aussi, et on l’oublie trop souvent, se lancer dans une campagne électorale a un coût pour le candidat. Il faut avoir un apport personnel ou faire un prêt à la banque. On peut recourir aux dons, mais pour cela il faut avoir un réseau déjà bien constitué. Les partis apportent un soutien logistique: modèle de documents, de sites… Au-delà de l’argent, une campagne prend du temps. Lorsque l’on est une femme ou un jeune, il faut avoir cette possibilité de prendre des heures sinon des jours pour mener une campagne afin d’aller à la rencontre de ses concitoyens.

Malheureusement, le système actuel et la perception que la société a de son personnel politique n’est pas de nature à aider cette génération nouvelle de se lancer en politique afin de le changer. De ce fait, les citoyens veulent de nouveaux profils pour les représenter mais le système limite structurellement ces profils à se lancer.

Jérôme Charré

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