37e album des aventures du célèbre gaulois, Astérix et la Transitalique est le 3e du tandem Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Après Astérix chez les Pictes et Le Papyrus de César, les deux compères sont attendus au tournant. Est-ce pour cela que la trame de cet album est une course à étapes à travers la péninsule italique ? Mystère.

Ainsi, Astérix et la Transitalique raconte une course de char à étapes lancée par le sénateur Lactus Bifidus pour prouver le bon état des voies romaines. Cette course est ouverte à tous les peuples du monde connu. Cela permet aux auteurs d’avoir une galerie de peuples très large. Certains sont connus comme les Grecs, les Normands, les Belges, d’autres nouveaux dans la série comme les différents peuples italiques (Ligures, Etrusques) ou les Koushites, les Cimbres, les Sarmates.

D’abord, l’album est injustement titré. L’histoire est surtout celle d’Obélix, qui a décidé d’être aurige. Astérix a ici un rôle de supplétif. L’essentiel du scénario repose sur cette course à étapes. Obélix n’est donc pas plus développé qu’on aurait pu le penser en lisant les premières planches. Le scénario est très rythmé, à l’image de la course. On ne s’attarde pas un instant. Ça file à toute allure. Il aurait été agréable d’avoir au moins une ou deux pauses dans l’action.

Aussi, la galerie de peuples est sympathique. Le fait de regrouper des peuples connus de la série avec des nouveaux est agréable. Mais, il y en a tellement qu’on ne peut véritablement s’attacher à ces personnages. Ils n’ont que quelques cases à peine. Pourtant, un effort a été fait pour donner corps aux nouveaux peuples avec des noms avec une terminologie propre, sinon des phylactères dédiés.

Les jeux de mots donnés aux noms des personnages sont bien trouvés. Les gags sont plutôt plaisants,même s’ils ne sont pas toujours suffisamment construits. D’ailleurs, le découpage des planches cassent parfois le rythme. Ainsi, une scène déborde étonnamment sur deux cases de la page suivante.

Le dessin commence à être maîtrisé mais Didier Conrad ne se l’est pas encore pleinement approprié. On retrouve quelques vedettes assez reconnaissables sans pour autant qu’ils aient un nom en rapport avec eux ou leur activité. Le César de Conrad ne ressemble pas vraiment au César d’Albert Uderzo. Il paraît plus jeune et plus doux.

Le duo Ferri-Conrad commence à connaître son sujet. Il y a encore du travail pour qu’ils atteignent le niveau des Astérix de René Goscinny. Néanmoins, la courbe de progrès semble être prometteuse.

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