Quatre ans après un maîtrisé Domaine des dieux, le duo formé par Alexandre Astier et Louis Clichy replonge dans l’univers d’Astérix avec une histoire inédite. Ont-ils trouvé la potion magique pour réussir ce nouvel épisode du célèbre gaulois ?

À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique.

Comme beaucoup, j’ai vu, revu, archivu les films d’animations Astérix qui sont rediffusés régulièrement. Il y en a des plus réussis et intemporels que d’autres. Ainsi, revoir certains d’entre eux constituent toujours un bon moment où les dialogues, les gags et les chansons reviennent instantanément dans la tête. Les meilleurs sont pour moi Astérix et Cléopâtre, Astérix chez les Bretons ou Les Douze travaux d’Astérix. Le Domaine des dieux de Louis Clichy et Alexandre Astier était une bien meilleure adaptation que ne l’ont été Astérix et les Vikings ou Astérix et les Indiens. On y retrouvait l’humour de René Goscinny sur l’urbanisation des années 1960 avec une touche de Kaamelott et des références bien dosées le tout porté par une belle animation en 3D, une musique bien choisie et un casting très réussi.

Alors, Le Secret de la potion magique avait de bonnes bases pour réussir. Ainsi, on retrouve la même patte graphique qui colle parfaitement à l’univers d’Astérix. Les décors sont superbes et sont ancrés dans cette ambiance d’aventure, les personnages sont bien dessinés et animés. La musique est toujours celle de Philippe Rombi avec quelques touches bien amusantes comme la séquence avec You Spin Me Round de Dead or Alive (que j’ai maintenant dans les oreilles).

Le casting du Domaine des Dieux est globalement repris. Il y a quelques nouveaux. Ainsi, la célèbre voix d’Astérix, Roger Carel, est remplacé par Christian Clavier, qui incarna le gaulois dans Astérix et Obélix contre César et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Si au début du film, ça surprend de ne plus entendre Roger Carel, on s’y fait. Ensuite, Clavier n’est pas dans une reprise de Jacquouille la Fripouille mais semble plus en retenue. Il lui manque ce soupçon de malice qui fait le charme d’Astérix. De son côté, Alex Lutz fait un sacré accent germanique pour Téléférix. En revanche, Daniel Mesguich est excellent en Sulfurix.

Là où ce dernier Astérix prenait le plus de risque était le scénario. En effet, il s’agit d’une histoire originale. Cependant, on note quelques ressemblances avec de précédents albums. Sulfurix a des airs du Devin Prolix avec un casque similaire. La recherche du successeur a des ressemblances avec Le Tour de Gaule. Ainsi, le spectateur n’est pas complètement perdu. Pour autant, le dernier tiers est quant à lui surprenant sans s’égarer. Celui-ci fait une référence au cheval de Troie, tout de même.

Le Secret de la potion magique est plaisant à suivre. On accroche bien aux personnages dans cette quête de successeur à travers la Gaule. On apprécie le rôle central de Panoramix, ainsi que la mise en valeur des habitants du village. Mais, cela se fait au détriment d’Astérix et d’Obélix, qui semblent peu présents. Aussi, il y a des idées intéressantes mais qui ne paraissent pas aller au bout ou qui sont bâclées. Par exemple, la fin m’a laissé sur ma faim quant à la transmission du secret et du rôle qui va avec. Autre exemple, le rôle de Téléférix qui fait pschitt sur le dernier tiers. Heureusement, il y a quelques fils rouges bien drôles comme la relation entre Cétautomatix et Odralfabétix ou les druides de la forêt des Carnutes.

Ainsi, Le Secret de la potion magique est un très bon Astérix, qui peut se regarder en famille. Chacun y trouvera son compte. Il améliore de nombreux points du Domaine des dieux. Le traitement du dernier tiers fait manquer à ce volet d’être un incontournable de la saga. On aimerait tant qu’Alexandre Astier et Louis Clichy nous en fassent un troisième pour n’en tirer que le meilleur.

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