Les Etats-Unis d’Amérique ont été bâti par des femmes et des hommes simples. Colons, pionniers, migrants, ils ont fait de cet immense territoire le pays que nous connaissons aujourd’hui. Romain Sardou par cette trilogie America explore quelques parcours de familles qui ont contribué à la naissance de l’Amérique. Ce premier volume, La Treizième colonie, pose les bases de cette fresque historique.

La Treizième colonie raconte sur les destins de deux familles que tout oppose, les Bateman et les Muir. Les jeunes Lilly et Harry Bateman, Irlandais catholiques, s’exilent en Amérique pour fuir les persécutions. Les Muir sont de riches négociants et armateurs londoniens d’origine germanique. Ainsi, les pans de ces petites histoires s’alternent et se suivent. D’abord, elles semblent indépendantes les unes des autres. Puis, on se rend compte au fil de la lecture que ces familles sont vouées à se croiser, et s’affronter.

Romain Sardou décrit de façon précise les débuts de l’Amérique. On sent clairement que l’auteur s’est largement documenté sur cette période, notamment les conditions de vie dans les îles britanniques, les colonies d’Amérique ou chez les peuples indiens. Avec une description assez bien menée de la faune et de la flore, on est transporté dans l’Amérique du XVIIe siècle.

Dans ce roman, on trouve de l’aventure, des rebondissements, sinon des coups de théâtre. Mais, cela manque clairement de liant. Le choix de traiter à chaque chapitre un épisode d’une famille rend le tout quelque peu indigeste. De plus, on se sent frustré de ne pas connaître la suite du destin d’une famille mais d’en voir traiter une autre. Enfin, il faut attendre un long moment pour comprendre les interactions entre ces familles, voire trop longtemps pour que l’on découvre l’intérêt d’un personnage évoqué au début du roman.

Aussi, il y a des passages qui sont terriblement détaillés comme celui sur le système pénitentiaire londonien de l’époque. Dommage pour un roman sur l’Amérique. Et d’autres qui mériteraient d’être plus développés comme l’installation des Bateman à New York et la naissance de leur fils Charles. Ce qui laisse sur sa faim.

Dès lors, ce premier volet de la saga America parait trop saccadé pour véritablement transporté le lecteur. Cela cause du tort à cette fresque historique. La narration est parfois abrupte. Clairement, l’auteur s’est surtout concentré sur la description. Il manque ainsi un véritable élan narratif, un souffle, une passion pour faire de ce premier volet une invitation à découvrir la suite de ces aventures, si intéressantes soient-elles.

Dès lors, il ne faut pas se laisser décourager pour lire ce roman jusqu’au bout. Et c’est regrettable car beaucoup d’éléments du début ont des incidences sur la suite, sinon la fin du roman. Le puzzle se reconstitue petit à petit. Mais, la narration trop lâchée, peu assez développée par-ci, interminable par-là risque de décourager de nombreux lecteurs.

La Treizième colonie est néanmoins un bon roman historique par la qualité de sa documentation sur la période évoquée. Mais, il ne distille pas suffisamment d’éléments de curiosité et ne dispose pas du souffle pour en faire un excellent roman.

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