Après le choc des élections européennes

Les élections européennes ont rendu leur verdict. Et celui-ci est sans appel. D’abord, contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la participation est légèrement supérieure qu’en 2009. Elle reste toutefois bien éloignée de celles des élections présidentielles et municipales, qui sont perçues comme des élections plus impactantes.

Cette élection est incontestablement marquée par le score obtenu par le Front national. Arrivé en tête avec près de 25% des suffrages, il réalise une performance historique. On est bien loin de 6% obtenus en 2009. La stratégie développée par Marine Le Pen est efficace puisque le plafond qu’avait atteint son père en 2002 est désormais largement franchi. Son parti semble progresser de scrutin en scrutin sans que les partis de gouvernement ne puisse l’en empêcher.

En effet, les réponses habituelles face à la montée du FN ont prouvé leur inefficacité. Si elles pouvaient le contenir à l’époque de Jean-Marie Le Pen, elles semblent aujourd’hui le renforcer. Il ne suffit plus de crier au loup pour détourner les électeurs du vote extrême. Il est désormais temps de se retrousser les manches pour s’attaquer aux racines de ce vote.

Non, toujours les électeurs FN ne sont pas foncièrement racistes ou fascistes. Mais, faute de voir, depuis les chocs pétroliers, les partis de gouvernement apporter des réponses efficaces à leurs difficultés, ils se tournent vers une autre voie. La crise de 2008, dont ni Nicolas Sarkozy hier, ni François Hollande aujourd’hui n’ont pu résoudre, a gonflé l’électorat FN.

Retrouver le chemin de la croissance et réduire réellement le chômage est indispensable, mais je crains que ce ne soit suffisant face à la montée du FN.

Ainsi, arrivée deuxième avec 20% des suffrages, l’UMP est en crise. Les réussites des élections municipales sont désormais lointaines. Les révélations de l’affaire Bygmalion qui ne fait que commencer ont amené Jean-François Copé à démissionner de la présidence du parti. Le parti est englué dans les difficultés depuis la présidentielle de 2012. L’UMP est malade de l’absence d’un véritable chef, et le pseudo-retrait de Nicolas Sarkozy ne l’y aide pas. Aucune personnalité n’émerge de manière à ce que tous la suivent. Aussi, la stratégie de la droite forte ou décomplexée a plus que montré ses limites. Au-delà de ça, l’UMP n’a pas tiré les conséquences de la défaite de 2012 et n’a pas encore assumé son échec vis-à-vis des Français. Désormais, une direction composée de trois anciens Premiers ministres sur cinq assure la gestion des affaires courantes en attendant un congrès exceptionnel à l’automne. Loin de tout repos, celui-ci ne sera qu’une étape transitoire avant la primaire qui désignera le candidat à l’élection présidentielle. Et ce n’est qu’à ce moment-là que l’UMP pourra reprendre du poil de la bête. Entre temps, elle risque d’être soumise à d’autres turbulences.

En troisième position, avec moins de 14%, le PS a réalisé la plus mauvaise performance aux élections européennes pour le parti au pouvoir, dépassant le record atteint par Michel Rocard en 1994. La nomination de Manuel Valls à Matignon n’a eu aucun effet sur l’exaspération des Français. Les mesures électoralistes sorties à quelques jours du scrutin ne les ont pas dupés. Le rejet de François Hollande et par ricochet du PS est inédit dans l’histoire de la Ve République. Il est de plusieurs natures : certains lui reprochent une politique qui n’est pas de gauche ou insuffisamment à gauche, d’autres lui reprochent de ne pas aller au bout de sa politique et de ne pas mener les réformes nécessaires, enfin, des troisièmes critiquent le fait qu’on ne sait pas où il veut nous mener, l’absence d’un cap clair qui nous conduirait vers de nouveaux lendemains qui chantent. Son allocution de lundi avec lapsus intégré a une nouvelle fois prouvé que le Président de la République reste sourd à ce que les Français lui demandent.

Suit ensuite l’Alternative UDI-MoDem avec près de 10% des suffrages. Le score obtenu est légèrement supérieur de celui obtenu par le seul Mouvement Démocrate en 2009 (8,5%). Compte tenu du contexte politique, économique et social, on peut considérer qu’il s’agit d’un bon point de départ pour le rassemblement opéré par la famille centriste. Mais, nous retrouvons un socle habituel pour le centre, un rapport de forces d’un tiers-deux tiers vis-à-vis de l’UMP. L’UDF avait obtenu 12% en 2004. Plutôt que d’un point de départ, je considère que nous sommes revenus à une situation d’avant-2007. Désormais, il appartient à l’UDI et au MoDem de consolider cette alliance de manière pérenne sous une forme qu’il faudra déterminer. Il faudra mettre tous les sujets délicats sur la table. Le rassemblement des centristes est plus que nécessaire pour pouvoir peser, pour pouvoir espérer construire une alternative.

EELV a de son côté réussi à limiter la casse malgré l’absence du charismatique Daniel Cohn-Bendit. Par contre, le Front de gauche n’a pas été en mesure d’amener à lui les électeurs de gauche déçus par François Hollande. Il réalise un score comparable à celui obtenu en 2009.

Ces élections européennes ont enfin été l’occasion de découvrir de nouvelles formations. S’ils n’ont pas eu d’élus au Parlement européen, Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, Nouvelle Donne de Pierre Larrouturou et dans une moindre mesure Nous Citoyens de Denis Payre ont commencé à s’installer dans le paysage politique.

Les résultats des élections européennes ont bousculé le champ politique. On a pu évoquer un séisme ou un choc pire que le 21 avril 2002. J’ose espérer qu’aussi bien dans la majorité que dans l’opposition, on apporte enfin de véritables réponses.

Jérôme Charré

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Patience et impatience

Source: aul

Conseil municipal du 5 avril 2014
Source: aulnay-sous-bois.fr

Il y a un mois, se tenait le premier Conseil municipal de la mandature. La nouvelle majorité UMP-UDI prenait ou plutôt reprenait les rênes de la ville après une parenthèse désenchantée d’une majorité prétendue de progrès.

Un mois, c’est bien trop court pour dresser un bilan de l’action municipale. Toutefois les attentes des Aulnaysiens sont telles que l’on sent ça et là une forte impatience.

Et c’est ainsi que les difficultés commencent. La situation de notre ville est désastreuse, que ce soit en termes économique et financière que sur bon nombre d’aspects. Retrouver une situation apaisée sera long. Aussi, il ne s’agit pas d’un retour en arrière mais d’inscrire Aulnay dans les vingt prochaines années.

Lorsque Jean-Claude Abrioux avait ravi la ville aux communistes, il a fallu du temps pour connaître la ville dont nous sommes parfois nostalgiques. Bruno Beschizza et son équipe vont devoir réussir à changer rapidement la vie des Aulnaysiens tout en menant une politique de moyen et de long terme.

Les services municipaux qui ont été plus que malmenés ces six dernières années doivent retrouver la sérénité et le sens du public. Là encore, il faudra du temps pour chasser durablement les pratiques détestables qui minaient les agents et qui nuisaient au service des Aulnaysiens. Pour autant, des signes forts devront être donnés rapidement pour montrer le cap vers lequel on veut emmener le personnel communal.

Enfin, cela a commencé à être visible, les élus se doivent d’avoir un nouvel état d’esprit que celui que nous avions connu jusque récemment. Les Aulnaysiens souhaitent des élus disponibles, accessibles, qui les écoutent et les prennent en compte.

Si l’actuelle majorité municipale réussit ses conditions, alors il y a de fortes chances qu’elle puisse disposer d’un temps longs pour mettre en oeuvre sa politique.

Jérôme Charré

 

 

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Poursuivre le rassemblement centriste

jean-louis-borlooIl y a quelques jours, le président de l’UDI et du Parti radical, Jean-Louis Borloo annonçait qu’il mettait fin à ses mandats et fonctions. Il explique dans un courrier adressé aux membres du comité exécutif de l’UDI ne plus avoir « toute l’énergie nécessaire pour remplir complètement toutes mes responsabilités ».

J’espère que Jean-Louis Borloo se rétablira rapidement et pourra retrouver la place qui est la sienne. En attendant, il permet aux responsables de l’UDI de poursuivre la mission qu’il s’était donné: rassembler la famille centriste et en faire de nouveau une force politique majeure. Son pari a été réussi par la création de l’UDI puis de l’Alternative qui rassemble UDI et Mouvement Démocrate.

Désormais, il appartient à l’ensemble des militants qu’ils soient de l’UDI ou du Mouvement Démocrate de comprendre que nous avons plus de choses en commun que d’éléments qui nous divisent. Ces divisions ne sont, en fin de compte, que des choix stratégiques qui, avouons-le n’ont pas réussi. A partir du moment où les centristes étaient divisés, ils ne pèsent plus rien, leur voix n’est plus audible.

Ainsi, chaque militant de l’une ou l’autre formation, mais aussi de toute formation proche, doit travailler encore plus que jamais à se rassembler pour porter nos idées et défendre nos valeurs. Face à la montée des extrêmes, et à l’essoufflement des grands partis, notre pays a besoin d’une nouvelle voix.

Jérôme Charré

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Kokajo : moderne et chaleureux

Kokajo-Aulnay

Ouvert assez récemment, ce n’est que ce week-end que j’ai découvert une nouvelle adresse. Kokajo, c’est son nom, fonde son concept sur le grill à la façon portugaise.

On y trouve ainsi du poulet, du boeuf, du travers, de la morue. Il y en a pour tous les goûts. En tout cas, les plats que j’ai dégusté étaient bons.

Concernant le cadre, celui-ci est moderne et agréable. Le choix des couleurs vert et chocolat est bien adapté. L’agencement est bien conçu. Les clients ne sont pas les uns sur les autres. Aussi, il est fort judicieux que la cuisine soit visible depuis l’extérieur.

Le propriétaire a également quelques bonnes idées à reprendre. Citons par exemple le grill électrique afin de se conformer dès maintenant à la nouvelle réglementation ou la carte rechargeable par les parents pour que leurs enfants puissent déjeuner.

Enfin, on se sent bien au Kokajo. On est très bien accueilli. Le personnel est fort agréable serviable, et sympathique. On a là une adresse qui mérite d’être connu et fréquenté à proximité quasi immédiate du centre-ville.

Jérôme Charré

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Une installation réussie pour Bruno Beschizza

Ce samedi matin, se tenait le premier conseil municipal d’Aulnay-sous-Bois. Celui-ci a souvent une saveur particulière. En effet, les citoyens viennent nombreux afin de découvrir leur nouvel édile et l’équipe qui l’épaulera.

Alors que les précédents conseils municipaux d’installation avaient lieu à l’Hôtel de ville, celui-ci a été organisé à la salle Pierre Scohy. De nombreux Aulnaysiens, petits, jeunes et moins jeunes, du nord et du sud, sont venus assister à ce cérémonial.

L’ambiance était apaisée, conviviale, avec j’ai trouvé qu’il y avait un bon état d’esprit. On était bien loin des conseils municipaux ordinaires, qui se réduit à une version locale des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale.

Bruno Beschizza a été élu maire d’Aulnay, l’opposition, et c’est tout à son honneur, n’ayant pas présenté de candidat. Puis, il a prononcé son premier discours en tant que maire. Il a repris les grandes lignes de sa campagne électorale sur l’urbanisme, l’éducation, la sécurité ou l’économie. Il a notamment demandé de suspendre les projets urbains ne faisant pas l’objet de consensus. Ainsi, le nouveau maire montre sa volonté de ne pas s’opposer à la population et de ne pas la mettre devant le fait accompli. Aussi, j’ai noté que ses propos étaient de nature à rassembler les Aulnaysiens quels qu’ils soient. L’intention est belle mais le chantier difficile. Son discours a été régulièrement applaudi par le public.

Puis, l’ancien maire Gérard Ségura a reconnu sa défaite. Puis, il s’est lancé dans son exercice favori en indiquant des réalisations qu’il s’est attribuées alors qu’elles étaient lancées avant lui: le PRU date de 2004, la gare du Grand Paris dès l’origine du projet, etc. Il a, par la suite, indiqué avoir condamné les attaques envers le nouveau maire, mais sans préciser qu’il a joué sa campagne du second tour sur la peur. Résultat, la salle a vivement réagi à la plupart de ses propos l’interrompant par deux fois. Plus, celui-ci faisait son bilan sans autocritique, plus le public réagissait. Au final, Gérard Ségura a manqué l’occasion de de faire preuve d’humilité et n’a pas encore tiré les leçons de son échec ou ne veut-il pas les voir.

Alors qu’il a été décidé et indiqué par le nouveau maire que les conseillers municipaux pourraient s’exprimer au prochain conseil sur la campagne, le communiste Miguel Hernandez a voulu prendre la parole et a tenté de se poser déjà en victime. Une attitude regrettable quand on a assisté ou visionné les conseils municipaux sous l’ancienne municipalité.

Puis, les conseillers municipaux ont procédé à l’élection des 20 adjoints au maire proposés. Les profils sont à l’image de notre ville, de sa diversité et de ses talents. Je leur souhaite à chacun de prendre à bras le corps leurs sujets et de réussir au service des Aulnaysiens.

A titre personnel, je considère que Bruno Beschizza a réussi ce premier exercice qu’est le conseil municipal d’installation. La volonté exprimée est, à mon sens, la bonne pour notre ville. Désormais, il est temps de se mettre au travail car les attentes de la population sont nombreuses.

Pour ma part, comme je l’ai déjà exprimé, je souhaite la réussite de cette nouvelle équipe municipale, pour Aulnay, pour les services municipaux et pour les Aulnaysiens. Je participerai à mon niveau afin que notre ville se redresse, qu’elle se rassemble, et qu’elle parvienne à surmonter les défis qui s’annoncent.

Jérôme Charré

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